Défense : l'Europe, premier client des exportations d'armes sud-africaines en 2025

En 2025, les exportations d’armements de l’Afrique du Sud ont atteint 550 millions de dollars, d’après un rapport du National Conventional Arms Control Committee (NCACC) publié ce 8 avril 2026. L’Europe s’est imposée comme le premier marché destinataire, devant le Moyen-Orient, l’Afrique et la région Asie-Pacifique. Cette progression est particulièrement marquante, puisque le montant total est presque trois fois supérieur aux 190 millions de dollars enregistrés en 2024.

Au total, le NCACC a validé 582 autorisations d’exportation à destination de 42 pays, portant sur différents équipements militaires tels que les munitions, les véhicules blindés, les aéronefs ainsi que des systèmes de guerre électronique. Cette dynamique place l’Afrique du Sud dans une position particulière sur le continent. Contrairement à la plupart des pays africains, importateurs d’armements, elle dispose d’une industrie de défense autonome et exportatrice. Cette capacité trouve son origine dans l’embargo imposé par l’ONU durant l’apartheid, qui a favorisé le développement d’une autonomie militaire et technologique. Aujourd’hui encore, cette base industrielle reste active à travers des acteurs comme Denel, Rheinmetall Denel Munition, Paramount Group et Milkor, présents sur les marchés internationaux.

L’Allemagne au cœur des marchés de munitions

Selon le rapport, l’Allemagne est devenue le principal client, avec des commandes évaluées à environ 180 millions de dollars. Les échanges portent essentiellement sur les munitions, un secteur dans lequel l’Afrique du Sud dispose d’une forte expertise industrielle. La Turquie a également passé une commande de 35 000 obus, estimée à 37 millions de dollars. De leur côté, l’Estonie et l’Australie ont acquis respectivement 18 540 et 10 272 obus, pour des montants de 11 et 15 millions de dollars.

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Diversification des produits et clients africains

Au-delà des munitions, l’Afrique du Sud a également exporté plus de 130 véhicules blindés. Le Kenya arrive en tête des bénéficiaires avec 34 unités, suivi du Ghana (30), du Malawi (15), du Cameroun (11) et des Émirats arabes unis (10). La Tanzanie a, pour sa part, acquis deux navires de guerre au cours de l’année. Des aéronefs non précisés ont également été livrés à plusieurs pays, notamment l’Irak (six appareils), la République démocratique du Congo (quatre), le Mozambique (deux) et les Émirats arabes unis (un).

Par ailleurs, les exportations comprennent aussi des équipements spécialisés tels que des systèmes de sécurité informatique destinés à sept pays, des lasers fournis aux Pays-Bas et un drone exporté en Colombie. Les équipements de communication et de mesure ont également été très demandés, avec l’Inde recevant 219 articles, le Bangladesh 377, la France 17 et le Brésil 10.

Cette trajectoire positionne l’Afrique du Sud comme un fournisseur structuré de technologies militaires sur les marchés mondiaux, à la différence de la majorité des États africains qui restent importateurs nets d’armements.

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