Depuis le Maroc, les USA vont exporter aux armées africaines la doctrine drone forgée en Ukraine

Le général Christopher Donahue, commandant de l’armée américaine pour l’Europe et l’Afrique, a annoncé le 22 mars 2026 à Rome la création d’un centre régional de formation aux drones destiné aux forces armées africaines, dont la phase pilote sera lancée au Maroc. L’annonce a été faite lors du 13e Sommet des forces terrestres africaines, organisé par la Southern European Task Force du 22 au 24 mars sur le thème « Renforcer la sécurité partagée par l’intelligence, l’innovation et l’industrie« , devant plus de 300 responsables militaires africains, européens et américains.

Seize militaires africains formés dès avril au Maroc

La première phase concrète débutera entre le 20 avril et le 8 mai 2026, dans le cadre de l’exercice multinational African Lion, coorganisé annuellement par Rabat et Washington. Seize militaires africains, répartis en deux groupes de huit, suivront deux modules distincts : le premier, d’une durée de huit jours, porte sur l’intégration des drones dans la planification opérationnelle ; le second, de dix jours, sur la conduite de vol de quatre systèmes d’aéronefs sans pilote différents. L’exercice mobilisera plus de 10 000 participants issus de 20 nations au Maroc, en Tunisie, au Sénégal et au Ghana.

Une doctrine née sur le front ukrainien, transposée au continent africain

Le projet s’appuie explicitement sur les enseignements du conflit en Ukraine, où les drones tactiques légers et peu coûteux ont reconfiguré les opérations terrestres. Le Pentagone entend diffuser cette approche en Afrique, où de nombreux États cherchent à renforcer leurs capacités sécuritaires face au terrorisme et aux trafics transfrontaliers, sans disposer des budgets nécessaires à l’acquisition de systèmes stratégiques pouvant atteindre plusieurs dizaines de millions de dollars, selon des données présentées lors du sommet de Rome par des industriels du secteur.

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Le choix du Maroc répond à une logique de duplication : le centre est conçu pour former des formateurs, capables de transmettre ensuite ce savoir-faire au sein de leurs armées nationales. En février 2026, le commandant de l’AFRICOM, le général Dagvin Anderson, avait annoncé lors d’un point presse le développement de centres d’excellence en contre-terrorisme au Maroc et en Tunisie, décrits comme des multiplicateurs de capacités pour le continent. Le centre de formation aux drones annoncé à Rome prolonge cette orientation.

Le Maroc dispose du statut d’allié majeur des États-Unis hors OTAN depuis juin 2004, cadre juridique qui encadre la coopération militaire bilatérale et facilite ce type de transfert de compétences.

Le module pilote d’African Lion 2026 constituera le premier test opérationnel du dispositif, dont l’extension à d’autres régions du continent dépendra des résultats obtenus entre le 20 avril et le 8 mai.

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