Le général Christopher Donahue, commandant des forces américaines en Europe et en Afrique, a annoncé le 24 mars à Rome la création d’un centre régional de formation aux drones au Maroc. L’annonce a été faite devant plus de 300 responsables militaires réunis pour le 13ᵉ Sommet des forces terrestres africaines, organisé par la Force opérationnelle américaine pour l’Europe du Sud et l’Afrique (SETAF-AF).
Le projet ne se limite pas à former des pilotes de drones. Selon Donahue, l’objectif est de bâtir une plateforme où les armées africaines travaillent collectivement à identifier leurs problèmes de sécurité et à concevoir des réponses adaptées. « Ce centre de formation régional vise à développer une capacité durable et pérenne que, une fois son efficacité prouvée, nous pourrons déployer dans d’autres régions d’Afrique », a-t-il déclaré selon Stars and Stripes.
Christopher Donahue : « Les centres régionaux ne se concentreraient pas uniquement sur l’équipement et la formation sur le terrain, mais plutôt sur une approche de la résolution des problèmes. Ce centre de formation régional vise à développer une capacité durable et pérenne que, une fois son efficacité prouvée, nous pourrons déployer dans d’autres régions d’Afrique ».
Un premier test lors de l’exercice African Lion
La phase initiale du programme débutera dès le printemps 2026, dans le cadre de l’exercice multinational African Lion, prévu en avril et mai au Maroc, en Tunisie, au Sénégal et au Ghana. Selon SETAF-AF, deux modules de formation seront proposés à huit militaires chacun : l’un centré sur la planification opérationnelle des drones, l’autre sur la conduite de quatre systèmes d’aéronefs sans pilote différents. Les cours dureront respectivement huit et dix jours.
Le choix du Maroc comme point d’ancrage du dispositif repose sur une coopération militaire ancienne avec Washington. Le royaume bénéficie depuis 2004 du statut d’allié majeur des États-Unis hors OTAN, et accueille régulièrement African Lion depuis des années en tant que principal pays hôte.
Une réponse à la prolifération des drones sur le continent
La demande de formation est réelle. Au Sahel, plusieurs armées nationales ont intégré des drones de combat dans leurs opérations contre les groupes jihadistes, notamment les Bayraktar TB2 turcs déployés par le Mali. Pendant la guerre du Tigré en Éthiopie, entre 2020 et 2022, les frappes de drones ont pesé directement sur l’issue des combats. Lors du sommet de Rome, le général nigérian Saidu Audu, commandant de la Force multinationale mixte opérant dans le bassin du lac Tchad, a souligné que les drones fournis par l’Union européenne sont devenus indispensables au renseignement contre Boko Haram, tout en appelant à un soutien international accru.
Le commandant de l’AFRICOM, le général Dagvin Anderson, avait évoqué en février 2026 lors d’un point presse le développement de centres d’excellence en matière de contre-terrorisme au Maroc et en Tunisie, décrits comme des « multiplicateurs de force » pour l’ensemble du continent. Le centre de formation aux drones annoncé à Rome s’inscrirait dans ce cadre plus large, dont les contours définitifs restent à préciser avec les partenaires africains concernés.



