Le Selective Service System enregistrera automatiquement les hommes américains éligibles âgés de 18 à 25 ans dans son registre de mobilisation à partir du 18 décembre 2026. Cette mesure, inscrite à la section 535 du National Defense Authorization Act signé par le président Donald Trump le 18 décembre 2025, met fin à l’obligation d’auto-inscription individuelle en vigueur depuis des décennies.
Un transfert de responsabilité vers l’État fédéral
Jusqu’à présent, tout homme résidant aux États-Unis devait s’inscrire auprès du Selective Service dans les 30 jours suivant son 18e anniversaire, sous peine d’être exclu des aides fédérales aux études, des emplois publics et, pour les immigrants, de la procédure de naturalisation. Le nouveau dispositif transfère cette obligation à l’agence elle-même, qui s’appuiera sur les bases de données fédérales existantes — notamment celles de la Social Security Administration — pour constituer son registre sans démarche de la part des intéressés.
La représentante Chrissy Houlahan, démocrate de Pennsylvanie et membre de la commission des forces armées, qui a porté cette disposition, a indiqué que la mesure « transfère simplement la charge administrative de l’individu vers le gouvernement, où elle devrait être ». Le Selective Service a soumis un projet de règlement d’application le 30 mars 2026 pour examen réglementaire, avec une mise en œuvre fixée au 18 décembre 2026.
Un registre, pas une conscription
L’inscription au Selective Service ne constitue pas un engagement militaire. Elle alimente un registre de mobilisation potentielle, activable uniquement si le Congrès et le président autorisent une conscription en situation d’urgence nationale. Les États-Unis ont mis fin à la conscription en 1973, à la fin de la guerre du Vietnam, avant que le président Jimmy Carter ne rétablisse l’obligation d’inscription en 1980, en réponse à l’invasion soviétique de l’Afghanistan.
Les tensions militaires mondiales des dernières années éclairent la portée de cette réforme administrative. En Europe, la Russie maintient une conscription active depuis 2022 et a procédé à plusieurs vagues de mobilisation dans le cadre de la guerre en Ukraine, où Kiev a de son côté abaissé l’âge de mobilisation à 25 ans en 2024. Plusieurs pays de l’OTAN — dont la Suède, la Lettonie et l’Allemagne — ont rétabli ou renforcé leurs dispositifs de service militaire obligatoire ces deux dernières années.
La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a précisé en mars 2026 qu’un retour à la conscription ne figurait pas dans les plans de l’administration Trump, tout en indiquant que le président « garde ses options ouvertes ». Le Selective Service doit rendre son système opérationnel avant le 18 décembre 2026.
