Guerre en Iran : la France s'oppose aux menaces de Trump sur les infrastructures civiles

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a pris position mardi 7 avril contre les menaces du président américain Donald Trump de frapper les infrastructures civiles iraniennes, avertissant qu’une telle escalade aggraverait une situation déjà explosive au Moyen-Orient.

Interrogé sur franceinfo, Barrot a affiché une opposition claire : frapper des infrastructures civiles en Iran « ouvrirait une nouvelle phase d’escalade et de représailles » et ferait peser un risque d' »embrasement régional sans limite ». Le ministre a également appelé à la réouverture du détroit d’Ormuz, dont le blocage par Téhéran depuis le 28 février perturbe les approvisionnements en hydrocarbures à l’échelle mondiale.

Paris refuse d’être entraîné dans le conflit

La position française repose sur une ligne constante depuis le début des opérations militaires américano-israéliennes contre l’Iran. Le 5 mars, Paris avait refusé que ses bases au Moyen-Orient servent à des frappes offensives contre Téhéran, tout en autorisant leur usage à des fins défensives. Barrot a rappelé que le rôle de la France dans ce conflit est de « limiter les conséquences » et de « soutenir les efforts de médiation » conduits par les pays de la région.

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Ces déclarations interviennent au lendemain d’une conférence de presse de Trump, lors de laquelle le président américain avait fixé un ultimatum à Téhéran jusqu’au mardi soir pour rouvrir le détroit, menaçant de détruire ponts et centrales électriques iraniens. Interrogé sur le risque de commettre des crimes de guerre, Trump avait répondu que cela ne l’inquiétait pas.

Le G7 et l’UE sur la même ligne

La position de Barrot rejoint celle exprimée la veille par le président du Conseil européen, António Costa, qui avait qualifié le ciblage d’infrastructures civiles d' »illégal et inacceptable ». Fin mars, les ministres des Affaires étrangères du G7, réunis en France sous la présidence de Barrot, avaient adopté un communiqué commun appelant à « un arrêt immédiat des attaques contre les populations et les infrastructures civiles » au Moyen-Orient.

Le chef de la diplomatie française a par ailleurs renouvelé son appel à la « libération définitive » de Cécile Kohler et Jacques Paris, les deux ressortissants français assignés à résidence à l’ambassade de France à Téhéran depuis leur libération de prison. L’ultimatum américain expirait mardi à 20h, heure de Washington.

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