Guerre en Iran: comment Téhéran gagne plus d'argent avec son pétrole

L’Iran continue d’écouler son pétrole malgré la guerre déclenchée le 28 février par les frappes américaines et israéliennes, pendant que plusieurs producteurs du Golfe voient leurs exportations reculer. Selon The Economist, Téhéran tirerait désormais presque deux fois plus de revenus quotidiens de ses ventes de brut qu’avant le début des bombardements, grâce à des cargaisons maintenues et à la flambée des cours.

Le constat tranche avec la situation observée chez plusieurs voisins. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a décrit, le 12 mars, « la plus grande perturbation de l’offre de l’histoire du marché pétrolier mondial », avec un trafic maritime dans le détroit d’Ormuz réduit à un filet et une forte baisse des flux de brut et de produits raffinés. Le 31 mars, Reuters a également relevé un net recul de la production de plusieurs membres de l’Opep, notamment l’Irak, le Koweït, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.

Des volumes iraniens maintenus malgré les frappes

Le point le plus marquant de cette séquence tient à la capacité de l’Iran à continuer d’exporter pendant que l’axe énergétique du Golfe reste fortement perturbé. D’après The Economist, le pays maintiendrait entre 2,4 et 2,8 millions de barils et produits pétroliers par jour, ce qui lui permettrait de profiter directement de la hausse des prix.

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Cette dynamique s’appuie aussi sur une réalité plus ancienne. Depuis le retour des sanctions américaines en 2018, l’Iran a progressivement bâti des circuits d’exportation moins visibles, avec des ventes orientées surtout vers l’Asie. L’Energy Information Administration (EIA) américaine relevait déjà que les recettes pétrolières iraniennes avaient nettement rebondi ces dernières années, malgré les restrictions occidentales.

Le détroit d’Ormuz redevient le centre du jeu pétrolier

Le conflit remet brutalement en lumière la fragilité du détroit d’Ormuz, passage par lequel transitait avant-guerre près d’un cinquième de la consommation mondiale de pétrole selon l’AIE. Cette zone avait déjà concentré de fortes tensions ces dernières années, avec des attaques contre des navires, des menaces sur la navigation commerciale et des épisodes de nervosité extrême sur les marchés.

La guerre actuelle pousse cette vulnérabilité à un niveau supérieur. L’AIE estime que les flux habituels de brut et de produits ont été massivement désorganisés depuis le début des hostilités, forçant même les pays membres de l’organisation à libérer 400 millions de barils de leurs réserves stratégiques pour amortir le choc.

La hausse des prix renforce l’avantage iranien

Même si plusieurs données restent difficiles à vérifier en temps réel, l’équation est simple : si un exportateur parvient à maintenir ses cargaisons alors que les volumes régionaux baissent, la hausse des prix amplifie mécaniquement ses recettes. À ce stade, Téhéran bénéficie d’un paradoxe rare : subir la guerre sur son sol tout en gagnant davantage sur le marché pétrolier. L’évolution du trafic dans le détroit d’Ormuz et des prix du brut dira si cet avantage peut se maintenir dans les prochains jours.

2 réflexions au sujet de “Guerre en Iran: comment Téhéran gagne plus d'argent avec son pétrole”

  1. générations de fêlés, pas un pour rattraper l’autre, surtout se priver du gaz et pétrole de la Russie, livrer a domicile a moindre coût, voilà où ils en sont

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  2. C’êst vraiment des branques ces oxydentaux. Ils s’affaiblissent eux-même en voulant faire hiech les autres !

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