Pénurie de kérosène : l'Europe à six semaines d'une crise majeure, des centaines de vols annulés

Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Fatih Birol, a averti jeudi que l’Europe ne dispose plus que de « six semaines environ » de réserves de carburant aviation, en raison de la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran depuis le début de la guerre qui l’oppose aux États-Unis et à Israël. Des centaines de vols ont déjà été annulés sur le continent, et les compagnies aériennes alertent sur leur capacité à maintenir leurs opérations au seuil de la saison estivale.

Des réserves qui s’épuisent, des aéroports sous pression

Les stocks de carburéacteur diminuent dans les principaux hubs de stockage européens, tandis que les approvisionnements alternatifs en provenance des États-Unis et d’autres régions peinent à compenser les volumes manquants. En Europe, le prix de référence du kérosène a atteint un record de 1 800 dollars la tonne le 18 mars dernier, avant de légèrement reculer en avril. Plusieurs aéroports ont signalé des tensions d’approvisionnement susceptibles de déboucher sur des pénuries locales dans un délai de trois semaines si le blocus du détroit persiste.

Fatih Birol a prévenu que des annulations ciblées de liaisons entre villes européennes pourraient intervenir « bientôt » en cas de prolongation du blocage. Claudio Galimberti, chef économiste chez Rystad Energy, estime pour sa part que la situation pourrait devenir « systémique » d’ici trois à quatre semaines, avec des suppressions massives de vols dès mai et juin.

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Les compagnies aériennes en ordre de bataille

Lufthansa a annoncé la fermeture de sa filiale régionale CityLine, invoquant la flambée des coûts du kérosène, et n’exclut plus l’immobilisation d’une partie de sa flotte. Wizz Air anticipe un impact de 50 millions d’euros sur son résultat net 2026. Le PDG de Virgin Atlantic, Corneel Koster, a indiqué au Financial Times que la compagnie ne parviendrait probablement pas à dégager un bénéfice cette année, même après l’introduction de surcharges carburant.

La crise dépasse le seul cadre européen : en Corée du Sud, la compagnie à bas coût T’way Air prévoit de placer une partie de son personnel navigant en congé sans solde en mai et juin.

Après l’échec des négociations de paix entre Washington et Téhéran ce week-end, les États-Unis ont instauré un blocus naval des ports iraniens dans le détroit d’Ormuz pour réduire les exportations pétrolières iraniennes. Tant que ce blocus restera en place, aucune normalisation des approvisionnements en kérosène vers l’Europe n’est attendue avant l’ouverture de la haute saison aérienne, prévue en juin.

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