Le parquet de Paris a ouvert deux enquêtes judiciaires distinctes, le 2 avril 2026, à la suite de propos tenus sur CNewsles 27 et 28 mars visant Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). La première porte sur le chef d’« injure publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion » ; la seconde sur des faits de cyberharcèlement constatés sur le réseau social X.
Doridot et Onfray visés par la plainte
Bagayoko a déposé plainte le 1er avril contre le psychologue Jean Doridot et le philosophe Michel Onfray, tous deux intervenus dans l’émission 100 % politique. Doridot avait déclaré sur le plateau qu’« en tant qu’homo sapiens, nous sommes des mammifères sociaux et de la famille des grands singes », en réponse à une question du présentateur sur le début de mandat du maire. Le lendemain, Onfray avait qualifié de « très tribal » l’appel de Bagayoko à l’« allégeance »après son élection, évoquant un « mâle dominant ». CNews est également nommée dans la plainte. La chaîne du groupe Bolloré conteste formellement que des propos racistes aient été tenus sur son antenne.
Les deux enquêtes ont été confiées à l’Office central de lutte contre la haine en ligne (OCLCH). Le parquet a précisé avoir lui-même relevé sur X une multiplication de commentaires ciblant Bagayoko en raison de sa couleur de peau à la suite de l’émission, ce qui a motivé l’ouverture d’office de la procédure pour cyberharcèlement.
Le préfet partie civile, l’Arcom saisie
Le préfet de Seine-Saint-Denis s’est constitué partie civile dans l’affaire, à la demande du Premier ministre Sébastien Lecornu. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez avait qualifié les propos d’« ignobles » et d’« absolument inacceptables » devant l’Assemblée nationale.
L’Arcom, saisie par plusieurs associations antiracistes dont le Mrap et SOS Racisme, a annoncé instruire les séquences signalées. Le régulateur de l’audiovisuel dispose d’un pouvoir de sanction pouvant aller jusqu’au retrait de l’autorisation d’émettre, une mesure que Bagayoko a explicitement appelé à appliquer contre CNews.
Élu dès le premier tour des municipales du 15 mars avec 50,77 % des voix, Bagayoko est le premier maire d’une ville de plus de 100 000 habitants soutenu par La France insoumise. L’instruction des deux dossiers par l’OCLCH est en cours ; aucune mise en examen n’a été annoncée à ce stade.
