Racisme : Mbappé brise le silence sur les insultes après l’Euro 2021

Invité du podcast vidéo The Bridge, diffusé sur YouTube jeudi 2 avril, Kylian Mbappé est revenu sur l’un des épisodes les plus éprouvants de sa carrière : l’après-France-Suisse à l’Euro 2021. L’attaquant du Real Madrid et capitaine de l’équipe de France y raconte les insultes racistes reçues après son penalty manqué et affirme avoir alors envisagé de ne plus rejouer avec les Bleus.

Dans cet échange coanimé par son coéquipier Aurélien Tchouaméni, Mbappé décrit un basculement brutal survenu après l’élimination face à la Suisse, le 28 juin 2021 à Bucarest. Le joueur explique avoir été pris pour cible sur les réseaux sociaux dans les jours ayant suivi la rencontre, au point de remettre en question son lien avec la sélection nationale. Il dit avoir été traité de « singe » après son tir au but raté.

Un rendez-vous avec Noël Le Graët après l’élimination

Mbappé affirme avoir demandé un entretien à Noël Le Graët, alors président de la Fédération française de football, pour lui annoncer son intention d’arrêter provisoirement l’équipe de France. Il raconte avoir voulu « retourner à Paris » et s’éloigner de l’environnement des Bleus après cette séquence.

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Ces déclarations donnent une dimension nouvelle à un épisode déjà marquant du parcours international du joueur. Sacré champion du monde en 2018, Mbappé dit avoir vécu cet été 2021 comme une rupture brutale avec l’image positive qui l’accompagnait jusque-là. Il décrit une période de vide mental au moment de ses vacances, quelques jours après la compétition.

Les réseaux sociaux restent un front sensible pour les joueurs

Le témoignage du joueur français intervient alors que les instances du football ont déjà reconnu l’ampleur de la haine en ligne visant joueurs, arbitres et staffs. L’UEFA avait lancé dès 2022 une plateforme dédiée à la surveillance et au signalement des contenus abusifs pendant ses compétitions. Dans un premier bilan publié par l’instance, 618 publications avaient été signalées lors de la phase de groupes de l’Euro féminin 2022, dont 6 % relevaient d’abus racistes.

À court terme, cette prise de parole ne change rien au statut de Mbappé en sélection, où il reste un cadre majeur à quelques mois des prochaines échéances internationales. Elle remet toutefois au premier plan une question que les fédérations et les plateformes n’ont toujours pas réglée : la protection concrète des joueurs face aux campagnes de haine numérique.

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