Le label Tommy Boy Records a annoncé, jeudi 9 avril, le décès d’Afrika Bambaataa, l’une des figures fondatrices du hip-hop. De son vrai nom Lance Taylor, le DJ est décédé à 68 ans dans la nuit de mercredi à jeudi en Pennsylvanie, des suites d’un cancer. Il aurait célébré son 69ᵉ anniversaire le 17 avril.
D’après TMZ, qui cite des sources anonymes, sa mort serait liée à des complications de la maladie. Tommy Boy Records a rendu hommage à son héritage, soulignant que son influence « continue de marquer le hip-hop jusqu’à aujourd’hui ».
Du gang à l’organisateur de block parties
Né à New York en 1957, Afrika Bambaataa a grandi dans les cités du Bronx aux prises avec la criminalité urbaine. Adolescent, il gravit les rangs des Black Spades, un gang influent du South Bronx, avant de connaître un tournant décisif. Suite à une fusillade qui toucha son entourage au début des années 1970, il rompt avec le milieu criminel et fonde en 1973 la Bronx River Organization, ancêtre de la Zulu Nation.
Simultanément, Bambaataa s’impose comme DJ du quartier en organisant des block parties — ces fêtes de rue devenues incubateurs du hip-hop. Les événements qu’il orchestrait rassemblaient des jeunes provenant de gangs rivaux, dont il mixait des morceaux de soul, funk, salsa et rock dans une approche novatrice. Ces soirées constituèrent le terreau culturel d’où émergea le hip-hop comme mouvement de masse.
Créateur et apôtre d’un genre planétaire
Bambaataa figure parmi les trois pères fondateurs du hip-hop avec DJ Kool Herc et Grandmaster Flash. En 1982, son groupe Soulsonic Force produit « Planet Rock », morceau électronique fondateur qui intègre des samples de Kraftwerk et popularise la musique électro auprès des audiences mainstream.
Sa carrière discographique débute avec le single « Zulu Nation Throwdown » en 1980. Entre les années 1980 et 2000, Bambaataa accumule une vingtaine d’albums et EP. Son influence s’exporte rapidement en Europe, notamment via l’émission française « H.I.P. H.O.P. » sur TF1 au début des années 1980, diffusant la Zulu Nation et ses principes de paix, unité, amour et plaisir auprès de générations de jeunes.
Des réactions dans le monde du hip-hop
Les annonces du décès d’Afrika Bambaataa ont suscité des hommages venus de personnalités et organisations du secteur. Le Hip Hop Alliance, dirigée par le pionnier Kurtis Blow, reconnaît son rôle de fondateur en rappelant qu’il a façonné le hip-hop comme « mouvement mondial fondé sur la paix, l’unité, l’amour et l’amusement », tout en admettant que « son héritage reste complexe ». Le manager de Bambaataa, Naf, salue une « figure fondatrice » et affirme que « tout ce que le hip-hop est aujourd’hui, c’est grâce à lui ». Mr. Biggs, ancien membre du groupe Soulsonic Force, souligne que la musique d’Afrika Bambaataa « offrait de l’espoir et de l’identité » aux jeunes du Bronx.



