Accord Iran–États-Unis imminent : Israël juge le texte « mauvais » et hausse le ton

Le président américain Donald Trump a annoncé samedi soir qu’un accord entre Washington et Téhéran était « en grande partie négocié », tout en précisant que sa conclusion restait « soumise à finalisation ». Selon une source proche des négociations citée par le Washington Times, une annonce officielle était attendue dès ce dimanche après-midi. Le projet aurait été approuvé par les négociateurs en chef des deux parties, dont l’envoyé spécial américain Steve Witkoff, le conseiller Jared Kushner et le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Qalifbaf.

Parmi les éléments confirmés par des responsables américains au New York Times figure la réouverture du détroit d’Ormuz, bloqué depuis le début du conflit le 28 février, voie maritime par laquelle transite environ 20 % du pétrole mondial selon l’Agence internationale de l’énergie. Selon Axios, l’accord prendrait la forme d’un mémorandum d’entente de 60 jours, renouvelable par consentement mutuel, incluant la fin des combats entre Israël et le Hezbollah, le déminage du détroit par l’Iran pour permettre la libre circulation des navires, et des exemptions de sanctions américaines permettant à Téhéran de reprendre ses exportations pétrolières. L’agence de presse iranienne Fars a toutefois contesté les termes avancés par Trump sur ce point, affirmant que la gestion du détroit resterait sous souveraineté iranienne.

Le nucléaire et les avoirs gelés renvoyés à une phase ultérieure

Le volet nucléaire ne figurerait pas dans le texte initial. Selon deux responsables américains cités par le New York Times, l’Iran se serait engagé, dans une déclaration générale, à céder son stock d’uranium hautement enrichi, sans que les modalités précises aient été arrêtées. Ces détails feraient l’objet de négociations distinctes engagées une fois l’accord principal signé. Téhéran réclame par ailleurs la libération d’une « part significative » de ses avoirs gelés, ainsi qu’un processus « transparent » pour le déblocage du reste, selon l’agence de presse officielle iranienne. Cette configuration suscite des réserves au sein même du camp républicain : les sénateurs Roger Wicker et Lindsey Graham ont publiquement mis en garde contre les termes rapportés.

Israël convoque deux réunions de sécurité en moins de 24 heures

La réaction israélienne est double. Nétanyahou avait réuni samedi soir les chefs de partis de la coalition et les responsables du renseignement et de l’armée, une réunion qualifiée d’urgente par la chaîne israélienne Channel 12, dont les termes auraient été jugés « très mauvais » pour Israël. Une seconde réunion restreinte du cabinet de sécurité était convoquée ce dimanche soir pour examiner les nouvelles révélations sur le contenu de l’accord. Un responsable israélien a indiqué que le texte démontrerait à Téhéran qu’il peut utiliser le détroit d’Ormuz comme levier de pression. Nétanyahou n’avait pas participé à l’appel multilatéral tenu par Trump avec les dirigeants de la région — Arabie saouditeÉmirats arabes unisQatarPakistanTurquieÉgypteJordanie et Bahreïn — et avait été contacté séparément.

Le président turc Recep Tayyip Erdoğan a indiqué être prêt à apporter tout soutien nécessaire à la mise en œuvre de l’accord. L’annonce officielle, attendue dans les heures suivantes, restait suspendue à la résolution des derniers points de désaccord entre les deux parties.

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