En Thaïlande, six Nigérians arrêtés pour avoir escroqué des femmes à l'aide de l'IA

La police thaïlandaise a interpellé six ressortissants nigérians le 22 mai 2026 à Nonthaburi, province limitrophe de Bangkok, à l’issue d’un raid sur un condominium de luxe en bord de Chao Phraya. Les suspects sont accusés d’avoir orchestré un réseau de fraude sentimentale reposant sur des identités fabriquées à l’aide de l’intelligence artificielle.

L’opération, baptisée « Dark Room Crackdown » par le Bureau métropolitain de la police, a visé trois appartements d’un immeuble résidentiel haut de gamme situé près du pont Phra Nang Klao, dans le district de Bang Kraso. Les perquisitions ont été conduites sur la base de mandats délivrés par le tribunal provincial de Nonthaburi, dans le cadre d’une enquête initialement ouverte sur un trafic de cocaïne. Des transactions financières suspectes détectées lors de cette procédure ont orienté les enquêteurs vers ces logements.

Des visages générés par IA pour tromper des femmes isolées

Selon le général de division Theeradej Thammasuthee, chef adjoint du Bureau métropolitain de la police, les suspects se présentaient à leurs victimes sous les traits de professionnels occidentaux fortunés — pilotes, médecins, ingénieurs ou officiers militaires américains — en utilisant des photos et des appels vidéo générés ou manipulés par intelligence artificielle. Les plateformes exploitées comprennent Facebook Messenger, WeChat, TikTok, Line et Zalo. Les victimes ciblées étaient principalement des femmes thaïlandaises d’âge mûr, approchées via de fausses relations sentimentales. Une fois la confiance établie, les escrocs réclamaient de l’argent pour débloquer un prétendu colis retenu en douane.

Les enquêteurs ont saisi 18 téléphones mobiles, trois ordinateurs portables et trois livrets bancaires. Certains appareils étaient encore connectés à des échanges actifs avec des victimes au moment de l’intervention. Des scripts préparés, incluant des conversations à caractère sexuellement suggestif destinées à exploiter la solitude des victimes, ont également été retrouvés sur les appareils.

Des visas étudiants comme couverture

Les six suspects, âgés de 23 à 35 ans, étaient entrés en Thaïlande avec des visas étudiants. La police thaïlandaise a indiqué qu’aucun d’eux ne fréquentait d’établissement scolaire ni n’occupait d’emploi déclaré, alors que leurs comptes bancaires affichaient des dépôts substantiels. Cinq d’entre eux avaient dépassé la durée légale de séjour de 695 à 1 560 jours, soit entre deux et quatre ans de présence irrégulière sur le territoire.

Lors du raid, plusieurs suspects auraient refusé d’ouvrir leurs portes, contraignant les forces de l’ordre à forcer l’entrée. L’un d’eux aurait tenté de fuir par un balcon ; un autre a été retrouvé dans une salle de bains, tentant d’alerter ses complices.

Les six hommes ont été transférés au commissariat de Rattanathibet. Ils font pour l’heure l’objet de chefs d’inculpation pour association criminelle et violation des règles d’immigration. Des charges supplémentaires pour fraude et escroquerie sentimentale sont attendues à mesure que l’enquête progresse, en coordination avec les victimes recensées dans plusieurs districts du pays.

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