Les additifs alimentaires aggravent le risque de cancer, hypertension et diabète

Des chercheurs de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) ont publié de nouvelles analyses sur les additifs alimentaires et leur association avec plusieurs pathologies chroniques. Ces travaux, basés sur le suivi de plus de 100 000 participants en France depuis 2009, établissent des liens statistiques entre certains colorants et conservateurs et un risque accru de cancer, de diabète de type 2 et de maladies cardiovasculaires. Les résultats ont été rendus publics en 2026, dans un contexte de débat sur la régulation des aliments ultratransformés.

Les chercheurs précisent que ces données ne démontrent pas un lien de causalité direct, mais elles renforcent un ensemble d’observations déjà documentées sur les effets des produits alimentaires industriels.

Colorants et conservateurs dans le viseur des chercheurs

Durant les travaux, plusieurs familles d’additifs ont été examinées. Les colorants alimentaires regroupés dans la catégorie E100 à E199 apparaissent associés à une augmentation du risque de diabète de type 2 et de certains cancers.

Les conservateurs et antioxydants, classés dans les groupes E200 à E299 et E300 à E399, présentent quant à eux une association avec des cas plus fréquents d’hypertension et de maladies cardiovasculaires. Les chercheurs évoquent la nécessité d’une réévaluation des substances autorisées dans les produits alimentaires industriels.

Une cohorte de plus de 100 000 personnes suivie depuis 2009

L’étude repose sur une base de données issue d’une cohorte française de grande ampleur, suivie depuis 2009 et comprenant plus de 100 000 adultes. Les participants ont été observés sur leurs habitudes alimentaires et leur état de santé, permettant d’identifier des corrélations entre consommation d’additifs et apparition de certaines maladies.

Les résultats s’ajoutent à plusieurs travaux antérieurs de l’Inserm et d’équipes internationales sur les effets des aliments ultratransformés. Les chercheurs rappellent que ces produits sont déjà associés à une hausse du risque d’obésité et de troubles métaboliques dans différentes études épidémiologiques. Dans ce contexte, les scientifiques insistent sur la nécessité de privilégier des aliments peu ou non transformés dans les habitudes alimentaires quotidiennes.

Vers une évolution des règles d’étiquetage alimentaire

Ces travaux interviennent alors que plusieurs initiatives politiques visent à renforcer l’information des consommateurs. Une proposition de loi examinée en France prévoit notamment de rendre obligatoire l’affichage du Nutri-Score sur un plus grand nombre de produits alimentaires, afin de faciliter la lecture de leur qualité nutritionnelle.

Le débat porte également sur l’encadrement des additifs, alors que certaines autorités sanitaires européennes réévaluent régulièrement les substances autorisées dans l’industrie agroalimentaire. Aucune décision réglementaire immédiate n’a été annoncée à la suite de ces travaux. Les prochaines étapes devraient dépendre des évaluations complémentaires des agences sanitaires et des discussions au niveau européen sur la composition des aliments industriels.

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