Madagascar déterminé à juger l'ex-président Rajoelina pour détournements de fonds

Mardi 5 mai 2026, à Antananarivo, les autorités malgaches ont relancé le dossier judiciaire visant l’ancien président Andry Rajoelina. Pour rappel, celui-ci a été renversé en octobre 2025. Il se trouve aujourd’hui en exil à Dubaï. Cette information a été rendue publique lors de l’ouverture de la session parlementaire ordinaire, avant d’être relayée par les médias locaux et internationaux. La ministre de la Justice, Fanirisoa Ernaivo, a indiqué que la procédure de mise en accusation pourrait être examinée rapidement par l’Assemblée nationale.

En décembre, une plainte a été déposée contre l’ex-chef de l’État par un collectif de jeunes. Cette plainte concerne des soupçons de détournement de fonds publics, des dépenses contestées et la gestion de la crise sanitaire liée au Covid. Ce dossier doit toutefois suivre une procédure assez spécifique. Le vote des députés constitue la première étape avant une éventuelle saisine de la Haute Cour de justice qui, à Madagascar, est la seule autorité compétente pour juger un ancien président.

Une procédure politique et judiciaire encadrée

La ministre de la Justice souhaite une inscription rapide du dossier à l’ordre du jour des parlementaires. L’objectif affiché est d’engager les débats dès le début des prochaines sessions afin d’avancer rapidement. En cas de validation par les élus, la Haute Cour de justice pourrait être saisie dans un second temps.

Quid de ce qu’il est possible de faire si le Parlement ne vote pas en faveur de ce projet judiciaire ? Il apparaît que le gouvernement en place aurait une solution alternative. Il n’a toutefois pas pris le temps d’en préciser les modalités. Il faudra attendre les délibérations à venir pour en apprendre davantage sur ce que souhaite mettre en place l’exécutif.

Des interrogations sur la stratégie adoptée

La question du recours à la Haute Cour de justice, réservée aux chefs d’État, est soulevée alors même que le statut d’Andry Rajoelina est discuté par les autorités actuelles. D’autres options, comme une procédure judiciaire classique ou un mandat d’arrêt international, ne sont pas exclues mais n’ont pas été engagées à ce stade.

Âgé de 51 ans, celui-ci a été à la tête du pays entre mars 2009 et janvier 2014. Il a ensuite quitté ses fonctions avant de revenir au pouvoir entre janvier 2019 et septembre 2023. Il quittera à nouveau son poste, avant de revenir en décembre 2023 et ce, jusqu’à son départ pour Dubaï, survenu en octobre 2025 suite aux répressions brutales des manifestations ayant eu lieu dans le pays.

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