ONU : l'AES accuse certains États de vouloir réimposer leur hégémonie

L’ambassadeur du Mali aux Nations Unies, Issa Konfourou, a pris la parole le 20 mai 2026 devant le Conseil de sécurité au nom de la Confédération des États du Sahel pour dénoncer ce qu’il qualifie d’agenda subversif de certains États membres de l’ONU. Le discours, prononcé à l’occasion de la réunion publique sur la protection des civils dans les conflits armés, pointe des États qui chercheraient à « imposer à nouveau leur hégémonie » au Mali, au Burkina Faso et au Niger.

Des sponsors étatiques étrangers mis en cause

Devant le Conseil de sécurité, le représentant permanent du Mali a affirmé que les groupes armés dans l’espace sahélien bénéficiaient du soutien actif d’États étrangers. Il leur impute la mort de milliers de civils, des déplacements forcés de populations, ainsi que « le saccage et la profanation de lieux de cultes, le pillage et la destruction des productions agricoles » et le vol de bétail. À cela s’ajoutent la destruction d’écoles, de centres de santé et d’infrastructures hydrauliques et énergétiques, ainsi que des attaques contre « les activités économiques et les voies d’approvisionnement » dans les trois pays.

Les forces confédérales, a souligné l’ambassadeur, « se battent au prix de leur vie, pour garantir à toutes les populations sans distinction aucune, la jouissance de leurs droits humains élémentaires, notamment le droit à la vie ». Il a rendu « un vibrant hommage » aux soldats sahéliens pour « leur engagement et leur sacrifice ».

Le discours s’en prend également aux médias de pays qualifiés d’« impérialistes », accusés d’être « devenus des relais de la propagande terroriste » tout en se taisant « sur les succès quotidiens » des forces de défense. La Confédération appelle à « la fin immédiate de ce terrorisme médiatique quotidien » et à tarir les sources de financement des groupes armés, « y compris le paiement de rançons pour la libération des otages ».

Une rupture diplomatique assumée comme toile de fond

Ce positionnement à l’ONU prolonge une recomposition stratégique amorcée depuis les coups d’État ayant porté au pouvoir les trois chefs d’État — le capitaine Ibrahim Traoré au Burkina Faso, le général Assimi Goïta au Mali et le général Abdourahamane Tiani au Niger. Les trois pays ont expulsé les ambassadeurs français, mis fin à la coopération militaire avec Paris et officiellement quitté la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest le 29 janvier 2025, après en avoir annoncé le retrait un an plus tôt. Parallèlement, la Confédération a renforcé ses liens avec la Russie — dont des éléments de l’Africa Corps sont déployés au Mali — ainsi qu’avec la Chine, la Turquie et l’Iran.

C’est dans ce cadre que les trois chefs d’État ont décidé, selon les termes du discours, de « mutualiser les efforts des trois pays dans les domaines de la défense, de la diplomatie et du développement », avec la mise en place d’une Force unifiée dont la montée en puissance — annoncée à 5 000 hommes.

L’ambassadeur a conclu en rendant hommage « à toutes les victimes du terrorisme, sahéliennes comme étrangères, civiles comme militaires », avec une mention particulière pour les victimes des événements du 25 avril 2026 au Mali. Il a réaffirmé « la détermination des États membres de la Confédération AES à lutter contre le terrorisme et l’extrémisme violent dans notre espace commun ». La prochaine réunion ordinaire de la Conférence des chefs d’État de la Confédération AES constituera un indicateur sur la suite donnée à ces positions exprimées devant le Conseil de sécurité.

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