Trois semaines après la débâcle du 25 avril, les Forces armées maliennes (FAMa) ont réussi deux opérations logistiques majeures : l’acheminement d’un convoi de vivres à Diafarabé, dans la région de Mopti, et l’entrée à Bamako de plus de 830 camions-citernes chargés d’hydrocarbures. Ces deux percées surviennent alors que le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, maintient un blocus sur les principaux axes routiers de la capitale.
Diafarabé sort d’un an d’isolement
Le 15 mai 2026, un convoi de 27 camions escorté par les FAMa a atteint Diafarabé, cité fluviale de la région de Mopti sous blocus jihadiste depuis mai 2025. Quelque 20 000 habitants, privés depuis un an de denrées alimentaires et de médicaments selon des alertes émises par l’OHCHR et l’ONG Action Against Hunger, ont accueilli l’arrivée du riz, de l’huile et du mil. La praticabilité des routes en saison sèche a rendu l’opération possible. Les habitants et les organisations humanitaires préviennent toutefois que la situation reste fragile : avec le retour des pluies, les axes menant à la ville pourraient redevenir incontrôlables.
Bamako réapprovisionnée en carburant sous escorte militaire
Le 1er mai, la Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCC) a annoncé la réception de plus de 830 camions-citernes à Bamako, escortés par les FAMa et les paramilitaires russes de l’Africa Corps sous surveillance aérienne. Un second convoi de plus de 710 citernes est arrivé le 10 mai. Ces opérations répondent à une pénurie de gazole qui avait provoqué de longues files d’attente dans les stations-service et des coupures d’électricité allant jusqu’à 72 heures dans certains quartiers de la capitale. Le JNIM impose ce blocus sur les routes reliant Bamako aux ports de Dakar, Abidjan et Conakry depuis septembre 2025.
Le tableau sécuritaire demeure profondément dégradé. Le 25 avril, l’offensive coordonnée du JNIM et du Front de libération de l’Azawad (FLA) avait coûté la vie au ministre de la Défense Sadio Camara, entraîné la perte de Kidalet forcé l’évacuation de quelque 400 combattants de l’Africa Corps. Dans le centre du pays, de nouvelles attaques jihadistes ont tué entre 70 et 80 civils dans les villages de Kouroude et Dougara les 6 et 8 mai, selon un élu local et une source sécuritaire.
La saison des pluies, qui rend les pistes impraticables dès juin, constituera le prochain test pour la capacité des FAMa à maintenir les corridors d’approvisionnement ouverts vers les zones isolées.
