La compagnie australienne Aurum Resources a publié ce 11 juin une étude de préfaisabilité sur son projet aurifère Boundiali en Côte d’Ivoire, avec une entrée en production prévue en 2028. Ce développement intervient alors que plusieurs projets miniers avancent simultanément dans le pays, notamment à Koné, Doropo et Assafou.
Les autorités ivoiriennes suivent cette montée en cadence dans un contexte de révision du Code minier engagé depuis 2024, avec des ajustements portant sur la fiscalité et la participation de l’État. Les nouvelles règles pourraient concerner les projets dont les conventions n’ont pas encore été finalisées. L’objectif affiché consiste à accroître la part des revenus captés par l’État tout en maintenant l’attractivité du secteur pour les investisseurs étrangers.
Une montée en puissance tirée par l’exploration
Les données publiées par S&P Global Market Intelligence dans le rapport World Exploration Trends 2026, cité en mars, indiquent que la Côte d’Ivoire a attiré 186 millions de dollars d’investissements dans l’exploration minière en 2025, soit environ 160,7 millions d’euros. Ce volume place le pays au premier rang africain pour ce type de financement sur la période observée.
Dans la même dynamique, l’administration minière ivoirienne a accordé 171 permis de recherche en 2025, contre 151 en 2023, selon les chiffres officiels du secteur. Cette progression traduit une intensification des activités d’exploration sur un sous-sol encore peu développé comparé à celui du Ghana voisin.
Des projets en série et un objectif de production à long terme
Le projet Boundiali s’ajoute à une série d’initiatives industrielles qui devraient entrer en production progressivement jusqu’à la fin de la décennie. Les opérateurs du secteur évoquent un objectif national de 100 tonnes d’or par an à l’horizon 2030, un seuil qui reste conditionné à la mise en place effective des financements, au respect des calendriers industriels et à la stabilité du cadre réglementaire.
Le rapport du Fraser Institute publié en février classe la Côte d’Ivoire parmi les juridictions minières les plus attractives d’Afrique de l’Ouest, selon les résultats de son enquête annuelle sur l’investissement minier. Cette position est attribuée à l’évolution du cadre réglementaire et à la disponibilité de nouvelles zones d’exploration.
Retombées économiques attendues et enjeux de gouvernance
La multiplication des projets aurifères devrait renforcer le rôle de l’or dans l’économie ivoirienne. Le secteur minier représente déjà une part croissante des exportations nationales, avec une contribution estimée à plusieurs points de PIB selon les autorités économiques du pays. L’augmentation de la production attendue pourrait se traduire par une hausse des recettes fiscales et des entrées de devises.
Le gouvernement devra toutefois arbitrer entre l’amélioration des revenus publics issus du secteur et la préservation d’un environnement favorable aux investissements étrangers. Les discussions autour du Code minier portent notamment sur la fiscalité applicable et la part de l’État dans les projets futurs. La mise en service du projet Boundiali est annoncée pour 2028, selon Aurum Resources, tandis que les autres projets en développement suivent des calendriers similaires, avec des mises en production attendues progressivement jusqu’en 2030.
