Le 11 juin, le monde célèbre la Journée internationale du jeu, sous le thème choisi par l’Unicef : « Protégeons le jeu, protégeons l’enfance ». Une date qui rappelle que le jeu n’est pas un passe-temps anodin, mais un droit fondamental et un pilier du développement de l’enfant.
L’Unicef tire la sonnette d’alarme. Dans de nombreuses communautés à travers le monde, même les parents les plus attentifs peinent à garantir à leurs enfants le droit de jouer, lequel est pourtant reconnu sur le plan international. L’érosion du temps de jeu inquiète profondément la communauté scientifique. Selon l’Académie américaine de pédiatrie (Aap), la réduction des occasions de jouer peut nuire au développement de compétences essentielles telles que la créativité, l’autonomie, la résolution de problèmes et les aptitudes sociales. Elle compromet également les bénéfices protecteurs du jeu sur la santé mentale et émotionnelle des enfants.
Le jeu, un carburant pour le cerveau
Les recherches sont unanimes, jouer, c’est apprendre. Lorsqu’un enfant construit une tour, invente une histoire ou participe à une chasse au trésor, il développe simultanément sa créativité, sa mémoire, son raisonnement et sa capacité à résoudre des problèmes. Le jeu stimule les connexions neuronales de manière naturelle et efficace.
Le jeu constitue, selon l’Aap, l’un des meilleurs moyens pour développer les compétences du 21ᵉ siècle, entre autres : créativité, collaboration, résolution de problèmes, aujourd’hui considérées comme essentielles à la réussite personnelle et professionnelle. Les activités ludiques renforcent les fonctions exécutives du cerveau telles que la concentration, la planification, le contrôle des impulsions et l’adaptabilité. L’académie considère le jeu comme un élément essentiel de la réussite scolaire et du bien-être futur des enfants.
Des travaux récents, cités par l’Aap, confirment que les temps de récréation et les périodes de jeu libre favorisent la mémoire, les apprentissages, les relations sociales et le bien-être psychologique des élèves.
Un apprentissage du vivre-ensemble
Au-delà des bénéfices cognitifs, le jeu est une école de la vie sociale. En jouant ensemble, les enfants apprennent à partager, coopérer, attendre leur tour, respecter des règles et gérer des conflits. L’Aap souligne que les jeux collectifs et les jeux de rôle contribuent au développement de comportements prosociaux et de l’empathie, offrant aux enfants un espace pour expérimenter différents rôles sociaux et mieux comprendre les émotions des autres.
Le jeu joue également un rôle de bouclier contre le stress. Selon la même institution, lorsque les relations bienveillantes et les occasions de jouer font défaut, le développement des capacités d’autorégulation et des comportements sociaux peut être perturbé. À l’inverse, le jeu aide les enfants à gérer leurs émotions et à forger leur résilience.
Le corps aussi en bénéficie
Le jeu n’est pas qu’affaire de cerveau. L’Organisation mondiale de la Santé (Oms) rappelle que les jeux actifs sont indispensables à la croissance physique de l’enfant : développement musculaire et osseux, coordination motrice, maintien d’un poids sain. L’Oms recommande que les enfants et adolescents de 5 à 17 ans pratiquent en moyenne 60 minutes d’activité physique modérée par jour. Les activités ludiques constituent un levier majeur.
Quels jeux privilégier ?
Les spécialistes s’accordent sur quelques grandes catégories particulièrement bénéfiques : le jeu libre, où l’enfant invente lui-même ses activités et développe son autonomie ; les jeux de rôle et d’imagination, qui stimulent le langage et la compréhension des relations humaines ; les jeux de construction ; les activités physiques en plein air ; et les jeux coopératifs, qui favorisent les interactions sociales.
L’Unicef rappelle que les trois premières années de vie constituent la période où le cerveau se développe le plus rapidement. Jouer durant cette fenêtre critique, c’est poser les bases de compétences indispensables pour toute la vie.
Un appel mondial à l’action
À l’occasion de cette journée, l’Unicef invite les gouvernements, entreprises et autres parties prenantes à déployer à plus grande échelle des programmes promouvant le jeu et l’attachement, à garantir l’accès à l’école maternelle et à l’apprentissage par le jeu dès 3 ans, et à veiller à ce que chaque enfant dispose d’aires de jeu sûres, inclusives et bien entretenues.
Alors que la pression scolaire s’intensifie et que les écrans occupent une place croissante dans le quotidien des plus jeunes, préserver le temps de jeu n’est pas une perte de temps. C’est un investissement dans le développement, la santé et l’avenir de chaque enfant.
