Le Conseil de l’Union européenne a accordé à la France, le 10 avril 2026, un accès à des prêts pouvant atteindre 15,09 milliards d’euros au titre du mécanisme SAFE — « Agir pour la sécurité de l’Europe ». Ce financement doit permettre à Paris de co-acquérir des équipements militaires avec d’autres États membres d’ici 2030.
La décision fait suite à l’approbation, le 25 mars 2026, du plan national d’investissement dans la défense présenté par la France à la Commission européenne en novembre 2025. Ce plan identifie plusieurs priorités capacitaires : défense aérienne et antimissile, munitions, missiles, drones et systèmes antidrones, ainsi que les capacités maritimes.
Un premier versement conditionné à la signature de l’accord de prêt
La France ne percevra pas l’intégralité de l’enveloppe immédiatement. Un premier décaissement de 2,26 milliards d’euros — soit 15 % du montant total, conformément aux règles du dispositif — interviendra après la signature formelle de l’accord de prêt entre la Commission européenne et les autorités françaises, étape qui n’avait pas encore été franchie au moment du feu vert du Conseil.
Le règlement SAFE prévoit que les tranches suivantes seront débloquées sur la base de mises à jour régulières transmises par l’État bénéficiaire à l’exécutif européen, permettant un suivi de l’avancement des acquisitions engagées.
Un programme de 150 milliards d’euros souscrit par 18 États membres
Le mécanisme SAFE, adopté le 27 mai 2025 dans le cadre du plan Readiness 2030, permet à l’UE de lever des fonds sur les marchés pour les rétrocéder sous forme de prêts aux États membres souhaitant renforcer leurs capacités de défense. Au total, 19 pays ont sollicité une aide financière, pour un volume global dépassant initialement l’enveloppe prévue.
Le dispositif impose qu’au moins 65 % de la valeur du produit final provienne de l’UE, de l’Ukraine, d’un pays de l’Espace économique européen ou de l’Association européenne de libre-échange. Les acquisitions doivent en principe associer au moins deux pays participants, bien que des dérogations soient prévues pour une durée limitée.
La Pologne est à ce jour la première nation à avoir reçu un versement effectif dans le cadre de SAFE, après la signature de son accord de prêt et l’engagement de premiers contrats avec des industriels de défense fin mai 2026. La France devrait franchir cette étape dans les prochaines semaines.
