Mardi 16 juin, vers 12h45, la frégate russe Amiral Grigorovitch a tiré des coups de semonce en direction d’un voilier immatriculé au Royaume-Uni, le Bright Future, qui naviguait à environ 40 kilomètres au sud de l’île de Wight. Le ministère britannique de la Défense a annoncé l’ouverture d’une enquête.
Une escalade progressive avant les tirs
Selon le ministère russe de la Défense, l’équipage de la frégate a d’abord tenté d’entrer en contact radio avec le voilier, avant de lancer des fusées éclairantes et des signaux sonores. Le Bright Future aurait continué à s’approcher. Lorsque la distance entre les deux embarcations est passée sous les 150 mètres, le commandant de bord a ordonné des tirs d’armes de petit calibre à titre préventif. Le voilier a alors changé de cap.
Le ministère britannique de la Défense a confirmé que les tirs « n’étaient pas dirigés contre le navire et visaient à prévenir une éventuelle collision ». Le HMS Tyne, un patrouilleur de la Royal Navy présent dans la zone, a effectué une visite de contrôle à bord du Bright Future : aucun blessé ni dommage matériel n’ont été constatés. L’incident s’est produit hors des eaux territoriales britanniques, qui s’étendent jusqu’à 22 kilomètres des côtes.
Une frégate sous surveillance constante depuis des mois
L’Amiral Grigorovitch n’est pas un inconnu des eaux de la Manche. La Royal Navy indiquait en avril qu’il n’y avait « pas un seul jour » sans surveillance rapprochée du bâtiment, qui escortait régulièrement des navires russes entre l’Atlantique, la Méditerranée et la mer Baltique. En avril, la frégate accompagnait deux pétroliers figurant sur les listes de sanctions européennes et britanniques — l’Enigma et l’Universal — lors de leur traversée de la Manche, sans qu’aucun arraisonnement n’ait pu être effectué, la Royal Navy ne disposant pas alors de navires disponibles.
L’incident du 16 juin survient deux jours après une opération d’arraisonnement menée conjointement par des commandos britanniques et des forces françaises contre le pétrolier Smyrtos, soupçonné d’appartenir à la flotte fantôme russe. Cette flotte désigne les navires utilisés par Moscou pour exporter ses hydrocarbures en contournant les sanctions occidentales. Le capitaine du Smyrtos, Ajay Pant, ressortissant indien de 38 ans, a été inculpé lundi par la justice britannique pour violation des sanctions liées au transport de pétrole russe.
Londres qualifie l’incident d’isolé
Le ministère britannique de la Défense a exclu tout lien entre les tirs de la frégate et l’arraisonnement du Smyrtos, qualifiant les deux événements d’incidents distincts. Aucune déclaration officielle supplémentaire n’avait été publiée par Londres en fin de journée.
En mars 2026, le Royaume-Uni a formellement autorisé ses forces armées à arraisonner les navires de la flotte fantôme russe dès lors qu’ils transitent dans les eaux territoriales britanniques. L’arraisonnement du Smyrtos constitue la première mise en œuvre concrète de cette autorisation. L’enquête ouverte sur l’incident impliquant l’Amiral Grigorovitch est toujours en cours.
