Armement de l'Ukraine : le Maroc, 20e fournisseur selon le Parlement européen

Un volume de 94 millions d’unités indicatrices attribué au Maroc figure dans un tableau du Parlement européen consacré aux importations d’armes de l’Ukraine. Cette compilation, publiée le 30 juillet 2026 par la direction générale des politiques externes de l’institution, place le royaume au 20e rang des pays d’origine des armements majeurs transférés à Kiev depuis le début de la guerre.

Une progression concentrée sur l’année 2023

Le tableau, qui reprend les données de la base sur les transferts d’armes du Sipri, détaille une progression en trois temps : 21 millions d’unités en 2022, un quasi-doublement à 47 millions l’année suivante, puis un repli à 26 millions en 2024. La moitié du volume total attribué au Maroc provient donc de la seule année 2023. Aucune livraison marocaine n’apparaît en revanche dans la colonne réservée à 2025.

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Ce chiffre de 94 millions ne représente ni un nombre d’armes ni un montant financier. Le Sipri utilise un indicateur baptisé TIV (Trend Indicator Value), conçu pour comparer entre eux des équipements militaires de nature très différente à partir de leurs caractéristiques techniques. L’indice sert à mesurer un volume de ressources transférées, non un prix de vente.

Rapporté à l’ensemble des transferts recensés vers l’Ukraine depuis 2022, le volume marocain ne pèse que 0,6 %. L’écart avec les principaux contributeurs reste massif : les États-Unis concentrent 41 % du total, suivis de l’Allemagneavec 14 % puis de la Pologne avec 9,5 %. Le Maroc se situe ainsi dans un groupe de fournisseurs secondaires, tout en devançant plusieurs États européens dans ce classement.

Un rôle documenté depuis 2022

Cette contribution marocaine à l’effort ukrainien n’est pas une nouveauté. Dès décembre 2022, des informations avaient révélé la livraison de pièces détachées de chars T-72 par Rabat, à la demande de Washington, dans un contexte où les forces ukrainiennes cherchaient à renforcer leur parc blindé d’origine soviétique. Des révélations ultérieures avaient également fait état de la cession présumée d’une vingtaine de chars de conception soviétique.

Le classement publié par le Parlement européen intervient alors que la place du Maroc parmi les fournisseurs indirects de Washington a évolué ces dernières années. Un rapport distinct, basé lui aussi sur les données du Sipri et publié en juin 2026, indiquait que le royaume était sorti du top 15 des destinataires d’armements américains, dépassé notamment par l’Ukraine elle-même — devenue le deuxième récipiendaire des transferts américains entre 2021 et 2025, derrière l’Arabie saoudite.

Une position à distinguer des importations marocaines

Ce rang de fournisseur ne doit pas être confondu avec la position du Maroc en tant qu’importateur d’armes. Sur la période 2021-2025, le royaume a augmenté ses acquisitions militaires de 12 % par rapport aux cinq années précédentes, selon le Sipri, ce qui en fait désormais le premier importateur d’armes du continent africain, devant l’Algérie dont les importations ont chuté de 78 % sur la même période.

Le document du Parlement européen fait partie d’une étude plus large consacrée aux ingérences hybrides russes visées par les pays candidats à l’élargissement de l’Union européenne, dans laquelle le tableau des fournisseurs de l’Ukraine ne constitue qu’une annexe statistique parmi d’autres données sur les flux d’armement européens.

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