Zelensky perd le soutien symbolique de la Pologne sur fond de tensions historiques

Le président polonais Karol Nawrocki a annoncé, vendredi 19 juin, le retrait de l’Ordre de l’Aigle blanc au président ukrainien Volodymyr Zelensky. La plus haute distinction du pays lui avait été remise en avril 2023 par l’ancien président Andrzej Duda.

Un décret militaire à l’origine du litige

La décision polonaise fait suite à un décret signé fin mai par Zelensky, qui a attribué le nom « Héros de l’UPA » à une unité militaire ukrainienne. Cette référence à l’Armée insurrectionnelle ukrainienne, organisation nationaliste active durant la Seconde Guerre mondiale, a suscité une vive réaction à Varsovie : en Pologne, ce mouvement est tenu pour responsable de la mort de plus de 100 000 personnes lors des massacres de Volhynie.

Le conseil de l’Ordre de l’Aigle blanc s’est réuni le 8 juin pour examiner la proposition de retrait formulée par Nawrocki. Le président polonais avait alors indiqué répondre à une demande relayée par une partie de la société civile et par un député du parti Confédération Nouvelle Espérance.

Dans une allocution diffusée sur le réseau X, Nawrocki a justifié sa décision : « J’ai décidé de retirer l’Ordre de l’Aigle blanc au président de l’Ukraine. » Il a tenu à préciser la portée limitée de ce geste, affirmant qu’il ne visait pas le peuple ukrainien et qu’il ne traduisait aucun changement dans l’orientation stratégique de la politique de sécurité polonaise.

Une distinction symbolique, un soutien militaire maintenu

Le retrait ne remet pas en cause l’appui de Varsovie à Kiev depuis le déclenchement de la guerre en février 2022. La Pologne demeure l’un des principaux soutiens militaires et humanitaires de l’Ukraine dans le conflit, position que le président polonais a explicitement réaffirmée en annonçant sa décision.

L’attribution de l’Ordre de l’Aigle blanc à Zelensky, en 2023, récompensait à l’époque son rôle dans le renforcement des relations bilatérales et son engagement en faveur des droits humains. Trois ans plus tard, c’est ce même symbole qui cristallise les tensions mémorielles entre les deux pays, sur un sujet resté sensible dans l’opinion publique polonaise.

Les massacres de Volhynie, un contentieux persistant

Le différend renvoie à un épisode resté largement non résolu sur le plan diplomatique. Les massacres de Volhynie, perpétrés par l’UPA contre des civils polonais entre 1943 et 1945, continuent de peser sur les relations entre Varsovie et Kiev, plusieurs gouvernements polonais successifs ayant réclamé une reconnaissance officielle de ces événements par les autorités ukrainiennes.

La décision de Nawrocki s’ajoute à cette continuité revendicative, sans qu’aucun geste réciproque n’ait pour l’instant été annoncé du côté ukrainien sur le décret contesté. Le calendrier des prochaines étapes diplomatiques entre les deux pays n’a pas été précisé à ce stade.

1 réflexion au sujet de “Zelensky perd le soutien symbolique de la Pologne sur fond de tensions historiques”

  1. Marrant de voir les ULTRA-nationalistes au pouvoir en Ukraine vouloir adhérer à l’UE et à l’OTAN. Totalement schizos, les gars et pas des gentils schizos.

    Encore plus étonnant de voir l’UE faire des bisous à ces enfoirés.
    Ils ont complètement perdu les pédales

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