La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a condamné, le jeudi 9 juillet 2026, l’ancien deuxième adjoint au commissaire de police de Tokplégbé, dans le premier arrondissement de Cotonou, à cinq ans de prison ferme. L’ancien officier a été reconnu coupable d’abus de fonction dans une affaire liée à la remise en liberté d’un homme placé en garde à vue pour une présumée agression sexuelle.
Selon les informations rapportées par Libre Express, la Chambre correctionnelle de la juridiction spécialisée a prononcé une peine de 60 mois d’emprisonnement ferme, assortie d’une amende de deux millions de francs CFA. La décision prévoit également le versement de deux millions de francs CFA de dommages et intérêts à la victime ainsi que 300 000 francs CFA à l’Institut national de la femme (INF).
Une remise en liberté au cœur des poursuites
D’après les éléments présentés par le ministère public au cours de la procédure, le prévenu, alors en fonction au commissariat de Tokplégbé, aurait autorisé la libération d’un homme interpellé dans une affaire d’agression sexuelle alors que celui-ci était en garde à vue. La victime recevait des soins dans un établissement hospitalier au moment des faits.
Le parquet a soutenu que cette décision avait été prise sans en référer au commissaire principal ni au procureur de la République près le tribunal de Cotonou. Les poursuites ont retenu que cette remise en liberté avait compromis la poursuite normale de la procédure judiciaire, qui devait être transmise à la brigade des mœurs.
Le ministère public a également affirmé que l’ancien responsable de police aurait perçu une somme de 300 000 francs CFA en contrepartie de cette libération.
Des éléments évoqués au cours de l’instruction
Lors d’une audience tenue le 19 février 2026, le procureur avait attiré l’attention de la Cour sur plusieurs éléments issus de l’enquête. Il avait notamment indiqué que le contact du présumé auteur de l’agression sexuelle figurait dans le répertoire téléphonique du prévenu sous l’appellation « William le baobab ».
Le parquet avait aussi fait état de conclusions d’enquête selon lesquelles le suspect dans le dossier d’agression sexuelle était un repris de justice. Le ministère public avait ajouté que celui-ci aurait tenté d’influencer le traitement de l’affaire par des pratiques occultes visant notamment des responsables judiciaires et de l’Institut national de la femme. Ces allégations ont été exposées par le procureur au cours des débats.
Un délai de 15 jours pour interjeter appel
Avec ce jugement, la Chambre correctionnelle de la CRIET a retenu la responsabilité pénale de l’ancien officier pour abus de fonction. Outre la peine d’emprisonnement et l’amende, les condamnations civiles prononcées devront être exécutées, sauf décision contraire en appel.
Conformément aux règles de procédure applicables devant la juridiction, le condamné dispose d’un délai de quinze jours à compter du prononcé de la décision pour exercer un recours devant la chambre d’appel de la CRIET, rapporte Libre Express.
