Cohésion sociale : formation conjointe contre les conflits entre agriculteurs et éleveurs

Dans 11 communes du Bénin, 391 membres des comités multiacteurs ont été formés à la prévention et à la gestion des conflits agropastoraux. Cette initiative conjointe de la Police républicaine, du Haut commissariat à la sédentarisation des éleveurs et d’Enabel vise à renforcer le dialogue entre communautés, la cohésion sociale et la gestion pacifique des ressources naturelles.

Dans le cadre des projets Paop II et Parsad financés par la Belgique, ainsi que Pronord-Poap et Delta Mono financés par l’Union européenne, Enabel, en collaboration avec le Haut commissariat à la sédentarisation des éleveurs et la Police républicaine, a organisé des sessions de renforcement des capacités au profit des comités multiacteurs pour la cohésion sociale.

Cette activité constitue la deuxième étape d’un processus en trois phases destiné à renforcer les mécanismes de prévention des conflits agropastoraux. Elle fait suite à un séminaire national organisé en décembre 2025 et sera suivie d’une troisième phase consacrée à la sensibilisation des populations à la base, prévue au troisième trimestre 2026.

Les formations se sont déroulées dans 11 communes : Dassa-Zoumè, Djougou, Bembèrèkè, Natitingou, Kandi, Lokossa, Athiémé, Bassila, Bantè, Nikki et Tchaourou. Elles ont réuni 391 participants issus des communautés agricoles et pastorales, des collectivités locales, de l’administration publique et des forces de sécurité.

Les sessions avaient pour objectif d’outiller les acteurs locaux impliqués dans la prévention et la gestion des conflits liés à l’utilisation des ressources naturelles. Ces tensions constituent un enjeu majeur pour la sécurité, la cohésion sociale et le développement agricole dans plusieurs régions du pays.

Au cours des échanges, les participants ont renforcé leurs connaissances sur les textes légaux encadrant la transhumance, notamment le Code pastoral, ainsi que sur les mécanismes de gestion des différends entre agriculteurs et éleveurs. Les formations ont également permis de mieux faire connaître les dispositifs locaux d’alerte précoce, de médiation et de concertation permanente, afin d’anticiper les tensions et favoriser des réponses adaptées au niveau communautaire.

Un espace de dialogue entre communautés et forces de sécurité

La participation conjointe des représentants des agriculteurs, des éleveurs, des autorités locales, des leaders communautaires et des forces de sécurité a favorisé un cadre d’échanges et de confiance. Ces rencontres ont permis d’harmoniser les approches et d’identifier des solutions consensuelles pour améliorer la cohabitation entre les différents acteurs. Elles renforcent également la complémentarité entre les programmes Agriculture et Police d’Enabel.

Une attention particulière a été accordée aux principes de la police communautaire, fondés sur la prévention, la participation citoyenne et la collaboration entre les populations et les services de sécurité. Les participants ont aussi été sensibilisés au rôle de l’agriculture durable dans la préservation des ressources naturelles et la stabilité sociale.

Malgré les acquis enregistrés, plusieurs défis persistent. Il s’agit notamment de la connaissance encore insuffisante des textes réglementaires dans certaines localités, du manque de ressources pour assurer le fonctionnement régulier des comités multi-acteurs, des préjugés entre communautés agricoles et pastorales ainsi que du besoin de renforcer les actions de sensibilisation et le suivi des recommandations.

À travers cette initiative, la Police républicaine, le Haut commissariat à la sédentarisation des éleveurs et Enabel réaffirment leur engagement en faveur d’une gestion pacifique des conflits agropastoraux, d’un dialogue renforcé entre communautés et d’une cohésion sociale durable au Bénin.

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