Funérailles de Khamenei : "on pourrait tous les éliminer" (Trump)

Jamais un chef d’État américain n’avait évoqué aussi crûment la possibilité de décapiter d’un coup toute une direction nationale réunie pour un deuil. Donald Trump a affirmé que Washington aurait pu « éliminer » l’ensemble des responsables iraniens rassemblés pour les obsèques de l’ancien guide suprême Ali Khamenei, tout en précisant avoir renoncé à cette option pour ne pas se priver d’interlocuteurs. Les propos, tenus lors d’un entretien téléphonique avec le journaliste Barak Ravid, ont été rapportés samedi par le site américain Axios.

Une déclaration tenue en pleine cérémonie de deuil

Les funérailles de Khamenei, tué le 28 février dans une frappe conjointe américano-israélienne au premier jour de la guerre contre l’Iran, ont débuté le 3 juillet à Téhéran pour une durée de six jours. Plusieurs proches du dignitaire, dont sa fille, son gendre, sa belle-fille et une petite-fille en bas âge, avaient péri dans la même frappe. Les autorités iraniennes attendent plusieurs millions de personnes dans la capitale pour ce qui est présenté comme l’une des plus grandes cérémonies funéraires de l’histoire du pays depuis la mort de l’ayatollah Rouhollah Khomeini en 1989.

Trump a déclaré : « Ils sont tous là. Un seul tir et on pourrait tous les éliminer, mais on ne le fera pas, sinon on n’aurait plus personne avec qui négocier. » Il a ajouté avoir été surpris de constater que des Iraniens pleuraient la disparition de leur ancien dirigeant, suggérant qu’il pourrait s’agir de larmes feintes.

Une pause négociée avant la reprise des pourparlers

Selon les médiateurs qatari et pakistanais impliqués dans le dossier, Washington et Téhéran ont convenu de suspendre leurs discussions pendant la durée des commémorations. Une session de pourparlers indirects, incluant le dossier nucléaire iranien, est programmée pour le 11 juillet, une fois les cérémonies achevées. Ces négociations font suite à un mémorandum d’entente signé électroniquement le 18 juin par le président iranien Massoud Pezeshkian et Trump, qui prévoit une période de 60 jours pour aboutir à un accord, prolongeable par consentement mutuel.

Plus de 70 délégations étrangères, dont celles de la Chine, de l’Inde, du Pakistan et de la Russie, se sont rendues à Téhéran pour l’occasion. Des délégations africaines ont également fait le déplacement, notamment celles de la Namibie, de la Gambie et de la Tunisie, aux côtés de représentants venus du Sri Lanka, de la Thaïlande et du Myanmar, selon les médias d’État iraniens. L’ancien président russe Dmitri Medvedev, présenté par la télévision d’État iranienne comme émissaire spécial de Vladimir Poutine, a été reçu par Pezeshkian et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi. Le successeur désigné de Khamenei, son fils Mojtaba Khamenei, blessé lors de la même frappe qui a tué son père, n’a fait aucune apparition publique depuis sa nomination.

Des mises en garde iraniennes en amont des cérémonies

Le 2 juillet, le commandant du quartier général central Khatam al-Anbiya, Ali Abdollahi, avait averti les États-Unis et Israël contre toute « erreur de calcul » pendant la période funéraire, promettant de sévères représailles en cas d’agression. La veille, Araghchi avait formulé un avertissement similaire, après que le ministre israélien de la Défense Israël Katz eut évoqué la possibilité de cibler Mojtaba Khamenei. Ces échanges ont conduit les autorités iraniennes à renforcer la sécurité et à instaurer des restrictions aériennes temporaires au-dessus de plusieurs villes, dont Téhéran et Machhad.

L’inhumation de Khamenei est prévue le 9 juillet à Machhad, ville sainte du nord-est du pays, au terme d’un cortège devant traverser plusieurs villes iraniennes puis irakiennes, dont Najaf et Kerbala.

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