Cyberattaques russes : le Royaume-Uni va préparer sa population aux situations d'urgence

Les foyers britanniques devront constituer des réserves de nourriture, d’eau et de médicaments en cas de cyberattaque russe majeure. Une campagne nationale d’information sera lancée plus tard cette année pour guider les ménages sur les gestes à adopter face à une coupure prolongée d’électricité, d’eau ou de réseau téléphonique causée par une attaque informatique venue de Russie, selon des annonces faites mardi devant les députés britanniques et rapportées par le Telegraph le 14 juillet.

Le Royaume-Uni mise sur des mesures individuelles jugées limitées mais utiles. Les services d’urgence peuvent se concentrer sur l’aide aux plus vulnérables, a justifié un porte-parole gouvernemental, cité par le quotidien britannique.

Les accusations entre Moscou et les Occidentaux

Cette annonce intervient une semaine après que la France et l’Union européenne ont formellement attribué à la Russie une campagne de cyberattaques visant une dizaine de pays européens depuis plus de dix ans. Le 13 juillet, Bruxelles a sanctionné neuf individus et quatre entités russes liés au 16e Centre du FSB, tandis que Paris convoquait l’ambassadeur russe. Londres s’est associé à ces mesures en désignant conjointement avec l’UE, le FSB comme responsable d’une attaque contre le réseau électrique polonais, qui avait menacé de priver 500 000 personnes de courant en décembre 2025. Moscou a rejeté ces accusations, les qualifiant de non fondées. C’est dans cette situation de tensions que le gouvernement britannique choisit d’anticiper une possible perturbation de ses infrastructures critiques.

Le registre national des risques mis à jour

Darren Jones, secrétaire en chef auprès du Premier ministre, a présenté aux députés une nouvelle version du Registre national des risques, document public recensant les pires scénarios envisageables pour le pays. Pour la première fois, ce registre intègre la menace d’ingérence étrangère dans la démocratie britannique, aux côtés des risques de cyberattaques visant les infrastructures de données, les réseaux d’eau et les systèmes policiers.

Un exercice baptisé « défense intérieure nationale » mobilisera par ailleurs des centaines de fonctionnaires à Whitehall pour simuler la réponse du gouvernement à une attaque hybride menée par un adversaire étranger, prévu l’an prochain.

Une campagne nationale de sensibilisation

Le gouvernement prévoit d’informer le public des mesures modestes mais importantes qu’il peut prendre, a expliqué Jones devant les parlementaires. Concrètement, les ménages seront invités à constituer un stock de base comprenant nourriture, eau, médicaments et outils de survie, en prévision d’événements allant des conditions météorologiques extrêmes à une cyberattaque d’origine étrangère.

Cette démarche n’est pas inédite pour le Royaume-Uni. Dans les années 1980, en pleine Guerre froide, le pays avait déjà mené une campagne de préparation civile intitulée « Protect and Survive », diffusée à la télévision et par brochures, pour informer la population des mesures à prendre en cas d’attaque nucléaire.

Le Registre national des risques, lui, existe depuis 2008 et fait l’objet de mises à jour régulières face à l’évolution des menaces. La campagne d’information doit être déployée dans les prochains mois, sans date précise communiquée à ce stade par le gouvernement.

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