Détroit d’Ormuz : Washington frappe l’Iran pour la 3e fois en une semaine après l’attaque d’un navire

Trois vagues de frappes américaines en sept jours : c’est le rythme qu’a désormais pris l’escalade entre Washington et Téhéran autour du détroit d’Ormuz. Le Commandement central des États-Unis (Centcom) a annoncé avoir de nouveau frappé des cibles militaires iraniennes, en représailles à une attaque contre un navire commercial transitant par le détroit.

Une escalade continue depuis le 7 juillet

Les hostilités ont repris le 7 juillet, lorsque les Gardiens de la révolution islamique ont visé au moins trois navires marchands dans le détroit d’Ormuz, dont le pétrolier saoudien Wedyan et le méthanier qatari Al Rekayyat. En réponse, le Centcom avait frappé une première fois plus de 80 cibles militaires iraniennes le 7 juillet, avant d’en toucher environ 90 supplémentaires le lendemain — systèmes de défense antiaérienne, sites radar côtiers et capacités antinavires.

Cette nouvelle frappe, la troisième de la semaine, confirme que le cessez-le-feu conclu entre les deux pays en juin ne tient plus. Le président américain Donald Trump a lui-même déclaré l’accord caduc, estimant qu’il était “une perte de temps” de continuer à négocier dans ces conditions, tout en laissant la porte ouverte à la poursuite des pourparlers.

Ormuz, nerf de la guerre économique

Le détroit d’Ormuz reste le point de passage d’environ 20 % du pétrole et du gaz mondial. Depuis le début du conflit fin février, l’Iran a utilisé la menace sur cette voie maritime comme principal levier de pression, alternant fermetures partielles, avertissements aux navires et attaques ciblées.

Les États-Unis ont également révoqué la dérogation qui autorisait la vente de pétrole iranien, privant Téhéran d’une source de revenus significative négociée lors de l’accord intérimaire. Le ministère iranien des Affaires étrangères a dénoncé une violation flagrante du protocole signé entre les deux pays.

Tension maximale, trafic à l’arrêt

Le trafic maritime dans le détroit s’est effondré à la suite de ces échanges de frappes, plusieurs armateurs ayant choisi de dérouter leurs navires vers des routes alternatives plus longues mais jugées plus sûres. La marine des Gardiens de la révolution a par ailleurs annoncé, dimanche, une fermeture du détroit jusqu’à nouvel ordre après avoir tiré un coup de semonce sur un navire ayant emprunté, selon elle, une route non autorisée. Le Centcom a justifié ses frappes par la nécessité “d’imposer un coût lourd pour les attaques visant le transport commercial et des marins civils innocents” dans le détroit.

Une reprise plus large du conflit

Cette nouvelle salve intervient alors que l’Iran organisait, cette semaine, les funérailles du guide suprême Ali Khamenei, tué lors des frappes israélo-américaines de fin février. Téhéran a par ailleurs revendiqué des tirs contre des bases américaines au Bahreïn et au Koweït, en représailles aux frappes du 8 juillet.

Les deux camps affirment vouloir maintenir un canal de négociation ouvert, mais l’intensité des frappes de cette semaine laisse craindre une reprise plus large des hostilités, avec des conséquences directes sur les cours du pétrole et la sécurité de la navigation internationale.

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