ISS : la Russie annonce un accord avec les USA jusqu'en 2030, Washington reste silencieux

Roscosmos affirme avoir obtenu la prolongation des opérations conjointes de la Station spatiale internationale jusqu’à fin 2030. Le patron de l’agence russe, Dmitri Bakanov, a fait cette annonce mardi 14 juillet, après l’arrimage du vaisseau SoyouzMS-29 à la station.

Un accord confirmé côté russe, silencieux côté américain

« Nous nous sommes accordés sur trois points essentiels, dont l’extension des opérations conjointes de l’ISS jusqu’en 2030 », a déclaré Bakanov lors d’une conférence de presse, selon des propos relayés par l’agence de presse russe TASS. Selon les services du vice-premier ministre russe Denis Manturov, également présent à Baïkonour au Kazakhstan pour le lancement, les deux pays auraient également bâti un calendrier destiné à mettre un terme aux vols vers la station à la même échéance.

Côté américain, aucune confirmation officielle n’a pour l’instant suivi. Le communiqué de la NASA sur le lancement ne mentionne aucune rencontre entre son administrateur Jared Isaacman et Bakanov, et l’intéressé n’en a pas non plus fait état sur ses réseaux sociaux. Isaacman s’était pourtant rendu en personne à Baïkonour pour assister au décollage — une première visite d’un chef de la NASA sur ce site depuis 2018, selon SpaceNews. Sollicitée par le Moscow Times, l’agence américaine n’avait pas encore répondu au moment de la publication de ces informations.

Un revirement par rapport aux engagements précédents

Cette annonce marque un changement de position pour Moscou. La Russie ne s’était jusqu’ici engagée que jusqu’en 2028, quand les autres partenaires du programme — États-Unis, Europe, Canada et Japon — avaient déjà validé l’échéance de 2030 depuis plusieurs années. Selon SpacePolicyOnline, ce cap de 2030 avait été fixé côté américain dès 2021, sous la présidence de Joe Biden, portant l’engagement initial de 2024 à 2030.

Le dossier reste toutefois sensible sur le plan technique. Des fuites d’air persistantes affectent un tunnel de transfert situé à l’extrémité du segment russe de la station, et les experts de la NASA et de Roscosmos ne s’accordent pas sur leur degré de gravité. Le mois dernier, la NASA avait même demandé à ses astronautes à bord de l’ISS de se préparer à une possible évacuation d’urgence, en pleine divergence avec Roscosmos sur la méthode de réparation à privilégier.

Une coopération maintenue malgré les tensions géopolitiques

L’ISS demeure l’un des rares terrains où Washington et Moscou continuent de travailler ensemble, en dépit de la dégradation des relations bilatérales depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine. Le principe des vols croisés reste d’ailleurs d’actualité : Bakanov a précisé que les échanges de sièges entre vaisseaux russes et véhicules commerciaux américains se poursuivraient, afin de garantir la présence permanente d’au moins un représentant de chaque pays à bord.

Manturov a par ailleurs indiqué que les deux pays étaient disposés à évoquer une coopération future entre leurs stations nationales respectives, notamment pour une assistance mutuelle en cas d’urgence en orbite. Fondée en 1998, la station a largement dépassé sa durée de vie initiale, prévue pour quinze ans à l’origine.

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