Après ses frappes, Zelensky affirme que son objectif n'est pas de priver la Russie de carburant

Volodymyr Zelensky a écarté, ce 15 juillet, toute intention de plonger la Russie dans la pénurie de carburant. Le président ukrainien s’exprimait lors de la cérémonie marquant le Jour de l’État ukrainien à Kiev, alors que les frappes de drones contre les raffineries russes se multiplient depuis plusieurs mois. Selon lui, « notre but principal n’est pas une Russie sans essence », mais une Ukraine débarrassée de la menace moscovite. Il a ajouté viser une Ukraine avec l’Europe, sans guerre ni ingérence russe.

Une campagne de drones qui s’étend loin dans le territoire russe

Zelensky a rappelé la portée de ces opérations en citant la distance séparant Kiev de la raffinerie d’Omsk, en Sibérie : 2884 kilomètres. Il a évoqué un rythme quotidien d’environ cinq cents drones ukrainiens, frappant des dizaines de raffineries, des pétroliers de la flotte fantôme russe ainsi que des infrastructures militaires. Le chef de l’État a écarté toute comparaison avec un retour au Moyen Âge, jugeant que seul le résultat compte.

Ces déclarations font suite à une intensification notable des attaques ukrainiennes depuis mars, avec plus de cinquante frappes recensées contre des sites énergétiques russes et en Crimée occupée. Plusieurs raffineries majeures ont été touchées, dont celle de Moscou, désormais hors service pour plusieurs mois selon des estimations occidentales.

Poutine a reconnu un déficit fin juin

Vladimir Poutine avait admis, fin juin, l’existence d’un certain déficit de carburant, une première depuis le début du conflit. Il avait toutefois assuré que ces frappes n’affectaient en rien la situation sur la ligne de front, les présentant comme une tentative de diviser la société russe et de pousser le Kremlin vers des négociations défavorables. Début juillet, Moscou a instauré une interdiction totale d’exportation de gazole jusqu’au 31 juillet, et a annoncé le lancement d’importations de produits pétroliers pour compenser le manque intérieur.

Plusieurs régions russes, dont Penza, Irkoutsk et la Crimée, ont depuis déclaré l’état d’urgence face aux pénuries. Selon les analystes cités par plusieurs médias, il s’agirait de la crise de carburant la plus sévère traversée par le pays depuis 2009.

La suite des opérations reste incertaine

Les propos de Zelensky interviennent dans un cadre diplomatique au point mort. Le Kremlin a affirmé début juillet que la poursuite des frappes ukrainiennes ne ferait que prolonger le conflit, après que Donald Trump a suggéré qu’elles pourraient au contraire pousser Moscou vers la table des négociations. Aucune date n’a été annoncée pour une éventuelle reprise des pourparlers entre les deux pays. Le président ukrainien n’a pas précisé si la cadence des frappes contre les infrastructures pétrolières russes serait maintenue, réduite ou renforcée dans les prochaines semaines.

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