JD Vance a déclaré, mercredi, qu’Israël perdait la bataille de l’opinion publique aux États-Unis. Le vice-président américain s’exprimait durant un entretien de près de trois heures accordé à l’animateur Joe Rogan, dans le cadre du podcast The Joe Rogan Experience.
Un allié comparé à la France et au Royaume-Uni
Interrogé sur les accusations d’antisémitisme portées contre lui, Vance a rejeté ces critiques en s’appuyant sur les sondages d’opinion. « C’est un fait simple et évident, Donald Trump l’a dit publiquement », a-t-il affirmé, selon les propos rapportés par le site Jewish Insider. Le vice-président a établi une distinction générationnelle chez les électeurs républicains, évoquant un décalage croissant entre jeunes et anciens sur la question israélienne.
Vance a ensuite précisé sa position sur l’avenir de la relation bilatérale. Il souhaiterait traiter Israël comme n’importe quel partenaire diplomatique, sans traitement d’exception. « Nous aurons des désaccords avec eux, nous aurons des accords avec eux », a-t-il expliqué, plaçant le pays sur le même plan que la France ou le Royaume-Uni dans le système d’alliances américain.
Une campagne d’influence dénoncée
L’entretien a également porté sur un article du magazine Time, publié la veille, qui documenterait le financement par des responsables israéliens d’une opération de communication ciblant des influenceurs conservateurs américains. Selon Vance, cette campagne viserait à faire échouer les négociations en cours entre Washington et Téhéran sur le programme nucléaire iranien. Il a qualifié cette opération de « discrète et extrêmement bien financée« , en référence à l’implication alléguée de Brad Parscale, ancien directeur de campagne de Trump, payé selon l’article par des éléments du gouvernement israélien.
Le vice-président a toutefois relativisé la portée de ces pratiques, les comparant aux tentatives d’influence similaires menées par le Qatar ou la Russie sur la politique américaine. Ce qui le préoccuperait davantage, selon ses propos, serait que des responsables politiques américains laissent ces pressions extérieures affecter leur jugement au détriment des intérêts nationaux.
Une fracture qui s’accentue depuis plusieurs mois
Cette sortie médiatique traduit une série de prises de position critiques envers le gouvernement de Benjamin Netanyahou, engagées par Vance depuis le mois de juin. Le vice-président avait notamment averti les autorités israéliennes contre toute tentative de compromettre l’accord signé avec l’Iran, les qualifiant de risquées pour leur unique allié de poids.
Un sondage Quinnipiac récent indique que 48 % des Américains jugent le soutien de leur pays à Israël excessif, contre seulement 16 % en 2017 — une hausse qui illustre l’évolution de l’opinion évoquée par le vice-président. Sur le plan politique intérieur, cette ligne distingue Vance de son rival potentiel pour 2028, le secrétaire d’État Marco Rubio, resté sur une position de soutien inconditionnel à Netanyahou.
Des soutiens juifs républicains ont exprimé leur malaise face à cette évolution, certains bailleurs de fonds évoquant des difficultés croissantes à défendre Vance au sein de leur communauté.
