Deux personnes sont mortes et six ont été blessées dans la nuit du 15 au 16 juillet à Kiev, après une frappe de missiles balistiques russes. Un adolescent de 16 ans figure parmi les blessés, dont trois ont nécessité une hospitalisation, selon le maire Vitali Klitschko. Les sirènes d’alerte ont retenti peu avant 1h du matin, heure locale, après que l’armée de l’air ukrainienne a signalé la menace de missiles balistiques. Au moins huit engins auraient été tirés vers la capitale.
Deux quartiers touchés
Un entrepôt du district de Sviatochynskyi, à l’ouest du centre-ville, a pris feu après avoir été touché. Dans le district de Darnytskyi, un incendie s’est déclaré dans un bâtiment non résidentiel avant de se propager à des camions garés à proximité et à un second entrepôt. Des débris de missile seraient également tombés sur une zone non résidentielle du même secteur, provoquant des foyers supplémentaires. Selon le chef de l’administration militaire de la ville, Tymur Tkachenko, “la Russie attaquait la ville avec des missiles balistiques”. Tous les incendies ont depuis été maîtrisés.
Une frappe survenue en pleine reconfiguration diplomatique
L’attaque intervient dans un cadre particulièrement chargé pour Kiev. Quelques heures plus tôt, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen s’était rendue dans la capitale ukrainienne pour annoncer un accord industriel entre l’Union européenne et l’Ukraine dans le domaine des drones, combinant le savoir-faire militaire ukrainien à la capacité de production européenne. Le Premier ministre britannique sortant Keir Starmer devait, pour sa part, arriver le même jour à Kiev pour rencontrer le président Volodymyr Zelensky, l’une de ses dernières visites internationales avant son départ de Downing Street.
La frappe survient aussi au lendemain d’un remaniement gouvernemental controversé : Zelensky a limogé cette semaine sa Première ministre Yulia Svyrydenko, en poste depuis un an seulement, et s’apprêterait à remplacer son ministre de la Défense.
Une escalade continue sur la capitale
Il s’agit de la sixième frappe balistique visant Kiev en juillet, alors que Moscou intensifie ses bombardements aériens contre l’Ukraine. La veille, des responsables régionaux ukrainiens avaient fait état de bombardements russes ayant fait 13 morts et environ 50 blessés à travers le pays.
Selon la mission de surveillance des droits humains de l’ONU en Ukraine, le mois de juin 2026 a été le plus meurtrier pour les civils depuis avril 2022, avec au moins 293 morts et 1 990 blessés recensés, les missiles et drones longue portée étant responsables de 45 % de ces victimes. Kyiv souffre en particulier d’une pénurie de missiles PAC-3 pour ses systèmes Patriot américains, seuls capables d’intercepter efficacement les missiles balistiques russes — une vulnérabilité que Moscou exploite en multipliant ce type de frappes ces dernières semaines.
