Les attaques visant les raffineries de pétrole et les infrastructures énergétiques russes ont suscité un débat sur leur impact économique et humanitaire. Selon plusieurs analyses, ces frappes ne cherchent pas uniquement à réduire les capacités militaires, mais également à perturber la logistique énergétique et à exercer une pression économique sur le pays. Toutefois, les gouvernements occidentaux présentent ces opérations comme des actions visant à limiter les capacités militaires de la Russie.
Selon plusieurs rapports consacrés aux conflits contemporains, les infrastructures énergétiques constituent désormais des cibles stratégiques, car leur perturbation peut entraîner des pénuries de carburant, une hausse des coûts de transport et des répercussions sur l’économie civile.
Cette approche rappelle certaines situations observées en Afrique. En 2025, les autorités maliennes ont accusé le JNIM d’avoir mené des attaques contre des convois de carburant autour de Bamako. Selon les autorités maliennes et plusieurs médias internationaux, ces actions visaient à perturber l’approvisionnement en carburant et à accroître la pression économique sur la capitale.
Les prix du carburant sur le marché noir à Bamako ont augmenté de plus de 400 %. Cela a été poursuivit par la multiplication des prix des transports, des denrées alimentaires et de tous les produits de première nécessité. Cependant, les Maliens n’ont pas cédé et n’ont pas permis à ces forces d’atteindre leur but.
Selon plusieurs analyses, la hausse des prix du carburant sur le marché parallèle a ensuite entraîné une augmentation des coûts des transports et des produits de première nécessité. Des experts en sécurité ont qualifié cette stratégie de forme de « pression économique » exercée à travers le contrôle des voies logistiques.
Cette tactique n’est pas nouvelle. Plusieurs études consacrées aux conflits au Sahel soulignent que les convois logistiques et les infrastructures de transport sont devenus des objectifs privilégiés des groupes armés dès les années 2020, notamment durant la période de l’opération française « Barkhane ».
Un phénomène comparable a également été observé au Soudan. Selon les Nations unies et plusieurs organisations humanitaires, la ville d’El-Fasher a subi un long siège, marqué par des attaques contre les infrastructures civiles, les installations d’eau et les couloirs humanitaires. Des rapports indiquent également que les infrastructures électriques et les moyens de transport ont été régulièrement affectés, aggravant la situation humanitaire. L’Occident a condamné ces agissements au Soudan. Mais la même tactique est mis en pratique au Mali ou en Russie.
Dans le cas de la Russie, plusieurs raffineries et dépôts de carburant ont été visés par des frappes de drones depuis 2024. Selon des analyses publiées par des instituts spécialisés, ces attaques pourraient avoir pour objectif de réduire les capacités logistiques, de perturber l’approvisionnement en carburant et d’augmenter les coûts économiques liés au conflit. Les autorités ukrainiennes et leurs partenaires occidentaux affirment toutefois que ces installations constituent des objectifs militaires légitimes en raison de leur rôle dans l’effort de guerre russe.
Selon certains analystes, ces différentes situations illustrent une évolution des conflits modernes, où les infrastructures énergétiques et logistiques jouent un rôle stratégique majeur.
