Le rappeur Boosie Badazz porte plainte après avoir payé pour un pardon de Trump jamais obtenu

Six cent mille dollars versés, et aucune grâce présidentielle au bout du compte : le rappeur américain Boosie Badazz a engagé une procédure d’arbitrage contre deux opérateurs politiques proches de la mouvance MAGA. Selon une enquête approfondie de NOTUS, reprise par plusieurs médias américains, l’artiste, dont le nom légal est Torence Hatch, réclame aujourd’hui la restitution d’une partie de cette somme à Jacob Wohl et Jack Burkman.

Une clause de remboursement contestée

Le contrat signé entre les parties prévoyait qu’une partie de la somme soit restituée si la grâce n’aboutissait pas avant une date déterminée. Selon NOTUS, ce document comportait cependant plusieurs anomalies : il était daté par erreur de 2025, contenait des fautes de frappe, et la date limite fixée pour l’obtention du pardon était déjà dépassée au moment de sa signature. Le cabinet JM Burkman & Associates a de son côté affirmé auprès de NOTUS qu’aucune clause de remboursement n’avait réellement été convenue.

Boosie Badazz réclame malgré tout 300 000 dollars, soit la moitié de la somme versée. Wohl et Burkman auraient refusé d’honorer cette demande, invoquant à la fois l’absence d’un tel accord contractuel et des difficultés financières, leur cabinet ayant accumulé plusieurs millions de dollars d’amendes liées à d’anciennes affaires judiciaires.

Un accès à Trump vendu comme une marchandise

L’affaire remonte à l’automne dernier. Alors qu’il était visé par une procédure fédérale pour détention d’arme à feu, l’artiste s’était d’abord tourné vers Alice Marie Johnson, chargée par Donald Trump des questions de grâces présidentielles, sans obtenir de réponse. Il s’est ensuite adressé à Wohl et Burkman, qui lui auraient présenté leurs connexions au sein de l’entourage présidentiel comme quasiment illimitées. Le rappeur a résumé leur approche en des termes sans détour : « Ils étaient vraiment agressifs, ils parlaient comme s’ils avaient Trump en ligne directe. »

Les deux hommes auraient également promis de mobiliser Laura Loomer, présentée comme une intermédiaire capable d’influencer certains cercles proches du pouvoir. Le processus d’octroi des grâces présidentielles relevait traditionnellement du ministère de la Justice américain, mais ce circuit aurait été contourné sous l’administration Trump, où un petit groupe de conseillers de la Maison-Blanche oriente désormais ce type de décisions, la validation finale revenant au président.

Une promesse qui s’effondre le jour de l’An

Boosie Badazz pensait sa grâce imminente jusqu’au réveillon du Nouvel An, lorsque Burkman lui aurait assuré par message que le document était « prêt à être signé ». Un conseiller de la Maison-Blanche aurait pourtant indiqué au rappeur et à son avocat qu’aucune demande de grâce n’avait jamais été déposée en son nom. Sa relation avec les deux opérateurs a pris fin en mars.

Si la grâce n’est jamais arrivée, l’artiste a néanmoins évité la prison : en janvier, un juge fédéral l’a condamné à une peine de probation plutôt qu’à de l’incarcération. La procédure d’arbitrage doit désormais déterminer si la clause contractuelle de remboursement s’applique, une décision qui conditionnera la restitution ou non des 300 000 dollars réclamés par Boosie Badazz.

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