Six jours de siège auront été nécessaires pour que le drapeau malien flotte à nouveau sur Anéfis. Les Forces armées maliennes (FAMa), épaulées par les paramilitaires russes d’Africa Corps, ont annoncé le 8 juillet 2026 avoir rétabli le contrôle total de la ville, dans le nord du Mali. Le porte-parole du Front de libération de l’Azawad (FLA), Mohamed Elmaouloud Ramadane, a confirmé le retrait de ses combattants, une information relayée par Africaradio.
Deux versions du dénouement
Selon Africa Corps, dont le communiqué a été diffusé sur sa chaîne Telegram, la reprise résulte d’une « opération conjointe » entre ses forces et les FAMa, au terme de combats qui auraient infligé de lourdes pertes aux groupes armés. Un militaire malien, filmé sur place, a déclaré : « Nous sommes à Anéfis, le 8 juillet 2026, pour prouver à la population malienne et au monde entier qu’à ce jour, Anéfis et le camp sont sous le contrôle de la FAMa ».
Le FLA propose un récit différent. Son porte-parole justifie le retrait de ses troupes par la volonté d’« éviter des pertes parmi les civils », tout en assurant que l’essentiel des forces ayant repris la ville était composé de combattants russes d’Africa Corps, appuyés par l’armée malienne et des milices locales. Le mouvement indépendantiste revendique par ailleurs la mort d’un colonel de l’armée malienne lors des combats des derniers jours, une information qui n’a pas été confirmée par les autorités maliennes.
Une position stratégique sur l’axe Gao-Kidal
Anéfis se situe à une centaine de kilomètres de Kidal, sur la route nationale 18, ville toujours sous contrôle du FLA et du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) depuis les attaques coordonnées du 25 avril 2026, qui avaient coûté la vie au ministre malien de la Défense, Sadio Camara. La localité commande l’accès à Kidal, ce qui explique l’intensité des combats menés depuis début juillet.
Le souci du FLA d’« éviter des pertes parmi les civils », invoqué pour justifier son retrait d’Anéfis, contraste avec les conclusions de Human Rights Watch, qui a documenté en mai des attaques illégales contre des civils imputées à l’ensemble des parties au conflit, y compris des exactions attribuées au FLA et à ses alliés du JNIM lors de l’offensive d’avril.
Le 7 juillet, les FAMa avaient annoncé la neutralisation d’environ 130 combattants, dont 30 à proximité d’Anéfis, ainsi que l’élimination de deux figures adverses : Mbareck Ag Akli, présenté comme premier adjoint du chef du FLA, et Abderrahmane Al-Targi, présenté comme un organisateur d’attaques pour le JNIM. Ces bilans, comme les pertes revendiquées par le FLA, proviennent des parties au conflit et n’ont pas été confirmés de manière indépendante.
Le Mali traverse une crise sécuritaire depuis 2012, marquée par l’action de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique, ainsi que par des mouvements indépendantistes touaregs. La reprise d’Anéfis intervient alors que les autorités de transition, dirigées par le général d’armée Assimi Goïta, cherchent à stabiliser l’axe nord après la perte de Kidal en avril. Aucune annonce officielle n’a pour l’instant précisé si une opération de reconquête de Kidal est envisagée à court terme.
