Neuf mille cent quatre-vingt-trois recrutements pour la seule Police et la Protection civile, plus de cent trente infrastructures sécuritaires livrées, des partenariats militaires étendus jusqu’à la Russie et la Turquie : c’est le bilan chiffré que les autorités maliennes ont relevé lundi 13 juillet 2026 pour marquer cinq années de Transition. La présentation s’est tenue dans la salle Balla Moussa Keïta du Centre International de Conférence de Bamako (CICB), devant un parterre de responsables civils, militaires, coutumiers et de représentants du Conseil National des Jeunes.
Depuis le 24 mai 2021, date à laquelle le Général d’Armée Assimi Goïta a pris la tête de l’État, le Mali a fait de la reconstruction de son outil militaire une priorité affichée. Dès sa prise de fonction, le chef de la Transition avait donné pour instruction de « remettre l’armée sur pied », un mot d’ordre resté central dans une situation sécuritaire marquée par des attaques le long des axes routiers et dans certaines zones urbaines. Ce cinquième anniversaire, célébré depuis début juin, a donné lieu à une série de restitutions sectorielles devant les citoyens et les élus — justice, diplomatie, économie numérique, diaspora — dont celle du 13 juillet consacrée spécifiquement aux forces armées et de sécurité.
Un effort budgétaire concentré sur l’armée
Le ministre délégué auprès du ministre de la Défense et des Anciens Combattants, le Général de Division Oumar Diarra, a détaillé un plan de renforcement structurel des Forces Armées Maliennes (FAMa) : hausse des effectifs, acquisition de matériels lourds — véhicules blindés, hélicoptères de combat, avions de chasse, artillerie — et amélioration des conditions salariales des militaires, avec l’harmonisation des grilles indiciaires et la bancarisation des soldes. Un système informatisé de gestion des ressources humaines a également été mis en place, ainsi qu’un dispositif de prise en charge des blessés de guerre et des familles des soldats tombés au combat.
Selon le Général Diarra, l’appareil de formation a lui aussi été restructuré, avec la création de l’École de Guerre du Mali et le développement de l’Hôpital d’Instruction des Armées comme pôle de recherche médicale militaire. Il a ajouté que plusieurs centres d’instruction régionaux ont été construits ou réhabilités, en appui à des accords de coopération militaire signés notamment avec la Fédération de Russie, la Turquie, la Chine et les partenaires de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Un maillage territorial étendu à la police et à la gendarmerie
Le volet sécurité intérieure a été présenté par le ministre de la Sécurité et de la Protection Civile, le Général de Division Daoud Aly Mohammedine. Sur la période, la Police et la Protection civile ont recruté 15 183 agents. Le programme d’infrastructures revendiqué atteint 130 réalisations, dont 85 pour la Police — commissariats, postes de sécurité et de contrôle, directions régionales —, 9 pour la Gendarmerie, 16 pour la Garde nationale et 11 pour la Protection civile, cette dernière incluant la construction en cours de l’École nationale de la Protection civile et d’un centre de secours fluvial à Bamako, un dispositif inédit dans le pays.
De nouveaux camps militaires ont également été érigés grâce à un financement spécial de la présidence, notamment dans les zones de Bougouni, Koutiala et Diéma, ce dernier étant déjà opérationnel. Sur le plan matériel, plusieurs centaines de véhicules et de motos ont été acquis au profit des forces de défense et de sécurité, en partie dans le cadre de la coopération sécuritaire avec les deux autres pays membres de la Confédération AES, avec qui Bamako partage renseignement et procédures d’interpellation selon le ministre.
La communication comme relais de l’effort militaire
Le Général Diarra a salué cette dynamique en affirmant que le président de la Transition « a fait de l’armée malienne ce qu’elle n’a jamais été ». Les deux ministres ont appelé la jeunesse malienne à soutenir les forces de défense et de sécurité, insistant sur le rôle des médias publics, à l’image de l’ORTM, dans la diffusion de ces résultats. Les autorités ont indiqué que d’autres initiatives en faveur des forces armées et de sécurité sont en préparation, sans en préciser à ce stade le calendrier ni la nature exacte.
