Des frappes militaires américaines contre le groupe islamiste JNIM au Mali seraient à l’étude à Washington, alors que la Russie demeure le principal partenaire militaire de Bamako sur le terrain. Des responsables actuels et anciens de l’administration Trump, cités par le Washington Post ce 22 juillet, confirment que des délibérations sont en cours pour viser ce groupe affilié à Al-Qaïda dans le pays ouest-africain.
Cette option intervient dans un cadre particulier : la Russie s’est imposée ces dernières années comme le principal partenaire militaire de Bamako, à travers son Corps africain déployé aux côtés des FAMa. Des opérations conjointes russo-maliennes se sont encore tenues ces derniers jours, notamment autour d’Anéfis, où plusieurs garnisons du nord ont été reprises après une offensive de la coalition JNIM/FLA début juillet, ainsi que des actions de reconnaissance dans les régions de Kayes et Koulikoro. C’est justement le bilan de cette coopération que Washington remet en cause pour justifier une intervention directe.
Washington juge le partenariat russe inefficace
Un responsable de l’administration américaine cite par le journal a estimé que Moscou « s’est avérée être un partenaire de sécurité inefficace pour le Mali ». Il a ajouté espérer que « d’autres nations africaines prendront note des terribles performances de la Russie » dans la lutte antiterroriste. Selon lui, le terrorisme au Sahel constitue un problème dépassant les frontières nationales.
La Maison-Blanche, sollicitée sur une éventuelle confirmation de frappes, n’a pas précisé les intentions du président. Un responsable a toutefois indiqué à Washington Post que les États-Unis appelaient les gouvernements d’Afrique du Nord et de l’Ouest « à acheter du matériel et des services américains » pour leurs opérations contre les groupes armés. Ni le porte-parole du gouvernement malien, ni le Pentagone n’ont répondu aux sollicitations du quotidien américain.
Une option qui raviverait les tensions avec Moscou
Une frappe américaine au Mali, si elle était validée, interviendrait sur un territoire où l’armée russe opère déjà quotidiennement aux côtés des FAMa, ce qui poserait la question d’une coordination — ou d’une confrontation — entre les deux puissances sur le même théâtre d’opérations. Le départ des forces françaises et onusiennes en 2022, puis celui des Américains de leur base de drones en 2024, avait justement ouvert la voie à l’installation du Corps africain russe. Un retour militaire américain remettrait donc en question l’équilibre stratégique construit par Bamako autour de Moscou depuis quatre ans, et pourrait être perçu par la Russie comme une intrusion sur une zone d’influence qu’elle revendique.
Le JNIM, principale menace armée du Sahel
Fondé en 2017, le JNIM est dirigé par Iyad Ag Ghali et s’est imposé comme la force djihadiste la plus active de la bande sahélienne. Si l’opération américaine était validée, elle porterait à huit le nombre de pays où Donald Trump a ordonné des frappes depuis janvier 2025, et marquerait le retour d’une présence militaire américaine directe au Sahel, cinq ans après le retrait de sa base de drones. Ni le porte-parole du gouvernement malien, ni le Pentagone n’ont répondu aux sollicitations du quotidien américain, laissant planer l’incertitude sur une éventuelle négociation entre Washington et Bamako concernant la conduite de ces frappes.
