Mariage forcé refusé : Meloni salue les condamnations "définitives" dans l'affaire Saman Abbas

Saman Abbas a été tuée en 2021 pour avoir refusé un mariage forcé. Giorgia Meloni a salué le 15 juillet 2026 les condamnations « définitives » prononcées par la Cour de cassation contre les parents et deux cousins de la victime, ainsi que la peine de 22 ans visant son oncle.

Un féminicide reconnu par la justice italienne

Saman Abbas avait 18 ans lorsqu’elle a été assassinée dans la nuit du 30 avril au 1er mai 2021 à Novellara, une commune de la province de Reggio Emilia, dans le nord de l’Italie. Selon la reconstitution retenue par la justice à tous les degrés de jugement, la jeune femme a été tuée pour avoir refusé un mariage arrangé et choisi un mode de vie jugé incompatible avec les traditions de sa famille. Son corps n’a été retrouvé que le 29 novembre 2022, dans une ferme abandonnée, un an et demi après sa disparition.

Dès 2020, la victime s’était tournée vers les services sociaux pour échapper aux pressions familiales, avant d’être accueillie dans une structure à Bologne. En avril 2021, elle était retournée chez elle pour récupérer ses documents d’identité, une demande que ses proches avaient refusée.

Les parents jugés en fuite, extradés depuis le Pakistan

Le 5 mai 2021, quand les carabiniers se sont présentés au domicile familial, seul le frère cadet de la victime, Ali Haider, s’y trouvait. Les parents, Shabbar Abbas et Nazia Shaheen, s’étaient déjà réfugiés au Pakistan ; ils seront arrêtés et extradés vers l’Italie entre 2022 et 2024. L’oncle et les cousins, eux, avaient été interpellés à l’étranger, en France et en Espagne.

La Cassation a rejeté l’ensemble des pourvois déposés par les avocats des cinq accusés, rendant ainsi irrévocables les peines prononcées en appel en avril 2025 : la perpétuité pour les parents et pour les cousins Ijaz Ikram et Noman Ul Haq, et 22 ans de prison pour l’oncle Danish Hasnain. Des circonstances aggravantes de préméditation et de motifs abjects avaient été retenues contre les accusés.

La réaction de la cheffe du gouvernement italien

Sur les réseaux sociaux, Giorgia Meloni a estimé que « aucune sentence ne pourra lui rendre la vie« , mais qu’il était juste que les responsables de ce crime aient été « condamnés définitivement ». La présidente du Conseil italien a ajouté qu’il n’y avait, selon elle, « pas de place » en Italie pour ceux qui invoquent des justifications culturelles ou religieuses afin de nier la liberté et la dignité des femmes.

À titre de comparaison historique, l’Italie n’a aboli le « delitto d’onore » — qui prévoyait des peines atténuées pour les meurtres commis afin de laver l’honneur familial — qu’en 1981, soit un peu plus de quatre décennies avant la mort de Saman Abbas. L’ex-maire de Novellara, Elena Carletti, a de son côté évoqué une « blessure qui reste ouverte » au sein de la communauté locale, tandis que l’association Differenza Donna, partie civile au procès, a souligné que la décision reconnaissait la dimension patriarcale du crime.

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