Un cap historique vient de tomber pour le football africain. L’Égypte a éliminé l’Australie aux tirs au but (1-1, 4-2 t.a.b.) ce vendredi 3 juillet 2026, à l’AT&T Stadium d’Arlington/Dallas, et rejoint pour la première fois de son histoire les huitièmes de finale d’une Coupe du monde.
Les Pharaons ont ouvert le score dès la 13e minute par Emam Ashour, à la conclusion d’une action initiée par son latéral Karim Hafez. L’Australie a recollé au score à la 55e minute sur un but contre son camp du défenseur Mohamed Hany, sans parvenir à faire basculer la rencontre par la suite. Au terme des 90 minutes réglementaires, les Socceroos avaient pourtant davantage sollicité le but égyptien avec douze tirs contre sept, mais l’Égypte s’est montrée plus précise, avec trois frappes cadrées contre deux pour son adversaire, tout en conservant la maîtrise du ballon (55% de possession, 514 passes à 89% de réussite). Ni le temps réglementaire ni les prolongations n’ont permis de départager les deux équipes, malgré une intensité offensive australienne constante et plusieurs arrêts décisifs du gardien égyptien Mostafa Shobeir.
Un scénario renversé lors de la séance de tirs au but
La séance fatidique a tourné en faveur des Nord-Africains. Le sélectionneur australien Tony Popovic a fait le pari risqué de faire entrer Mathew Ryan à la place de Patrick Beach, pourtant solide durant la rencontre, pour affronter les tirs au but. Ce choix ne s’est pas révélé payant : Harry Souttar a manqué sa frappe, puis Lucas Herrington a trouvé la barre transversale, ouvrant la voie à la qualification égyptienne.
Mohamed Salah, titulaire malgré une alerte aux ischio-jambiers contractée face à l’Iran, a transformé son tir au but, tout comme ses coéquipiers Rabia et Saber, entré en toute fin de prolongation. Le capitaine égyptien avait auparavant tenté un dribble dans la surface australienne sans parvenir à cadrer sa frappe, signe des limites physiques imposées par sa blessure.
Deux parcours de groupe aux profils opposés
Les deux sélections arrivaient à ce rendez-vous avec des trajectoires distinctes. L’Égypte avait terminé deuxième du groupe G derrière la Belgique, sans connaître la défaite : un match nul 1-1 face aux Diables Rouges, une victoire 3-1 contre la Nouvelle-Zélande et un nouveau nul 1-1 devant l’Iran. Cette régularité offensive, avec cinq buteurs différents sur la phase de groupes, contrastait avec le bilan comptable plus modeste de l’Australie.
Les Socceroos, eux, avaient décroché leur billet en terminant deuxièmes du groupe D, après une défaite 0-2 concédée face aux États-Unis, pays hôte, un match nul 0-0 contre le Paraguay et une victoire 2-0 sur la Turquie. Leur qualification reposait avant tout sur une organisation défensive stricte, l’attaque australienne n’ayant inscrit que deux buts en trois rencontres de poule.
Avant ce huitième de finale, seule une confrontation amicale opposait les deux nations, disputée au Caire en novembre 2010 et remportée 3-0 par l’Égypte. C’était également la toute première fois que les deux équipes se rencontraient dans le cadre d’une Coupe du monde.
Un adversaire de prestige en ligne de mire
Cette qualification propulse l’Égypte plus loin qu’elle n’était jamais allée en Coupe du monde, après des éliminations dès la phase de groupes en 1990 et 2018. Pour l’Australie, la déception est à la mesure de l’ambition : les Socceroos visaient à dépasser pour la première fois le stade des huitièmes de finale, où ils avaient déjà chuté en 2006 face à l’Italie puis en 2022 face à l’Argentine, à chaque fois devant le futur champion du monde.
En huitièmes de finale, les Pharaons hériteront du vainqueur du match entre l’Argentine, championne du monde en titre, et le Cap-Vert, selon le tableau publié par la FIFA. Un tirage à double visage : soit un choc contre l’un des grands favoris du tournoi, soit un duel entre nations africaines pour une place en quarts. La rencontre entre l’Argentine et le Cap-Vert doit déterminer l’identité du prochain adversaire égyptien dans les prochains jours, avant la suite du tableau final annoncée par la FIFA.
