Netanyahou avertit l'Iran en cas de nouvelle frappe contre Israël

Toute nouvelle riposte subie par Israël sera sans commune mesure avec la précédente, a averti mardi Benjamin Netanyahou, depuis une conférence tenue à Dimona, ville du Néguev étroitement liée au programme nucléaire israélien. Le chef du gouvernement israélien s’adressait directement aux dirigeants de Téhéran, qu’il a sommés de renoncer à toute velléité d’attaque contre son pays.

Un avertissement lancé depuis un lieu symbolique

Devant un parterre de responsables réunis dans le Néguev, Netanyahou a affirmé qu’Israël se tenait prêt à faire face à tous les scénarios envisageables. Il a insisté sur le fait que la précédente frappe israélienne, menée le 8 juin contre des sites pétrochimiques dans le sud-ouest iranien en réponse à des tirs de missiles, avait déjà démontré la détermination de l’État hébreu. Toute nouvelle agression, a-t-il prévenu, déclencherait une réaction d’une intensité largement supérieure. Le choix de Dimona pour délivrer ce message n’est pas anodin : la ville abrite le réacteur nucléaire israélien, un symbole de dissuasion que le Premier ministre semblait vouloir mobiliser.

Une région à nouveau sous tension

Cette mise en garde intervient dans un contexte d’escalade généralisée au Moyen-Orient. Depuis plusieurs jours, l’Iranmultiplie les frappes contre des cibles liées aux intérêts américains dans le Golfe, touchant notamment la Jordanie, le Koweït, le Qatar et Bahreïn, en représailles à de nouvelles opérations militaires américaines destinées à sécuriser le détroit d’Ormuz. Le président américain Donald Trump a par ailleurs annoncé la reprise d’un blocus des ports iraniens, assorti d’une taxe de 20 % sur l’ensemble des cargaisons transitant par la voie maritime, tandis que le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a qualifié ce taux d’excessif sur le réseau X.

Cette flambée de violences fait suite à l’effondrement d’un accord de paix pourtant durement négocié : après la guerre israélo-américaine de fin février, marquée par près de 900 frappes en douze heures ayant coûté la vie au guide suprême Ali Khamenei, un cessez-le-feu avait été conclu début avril sous médiation pakistanaise. Ce mémorandum, finalisé mi-juin, prévoyait la levée du blocus naval du détroit d’Ormuz ainsi qu’un arrêt des hostilités au Liban. Mais l’accord n’a jamais tenu solidement : dès le 7 juin, un raid israélien sur Beyrouth avait ravivé les échanges de tirs avec l’Iran, avant que Trump ne déclare début juillet le cessez-le-feu définitivement caduc, accusant Téhéran de mauvaise foi.

Le ministre de la Défense évoque une troisième frappe possible

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a de son côté indiqué que l’armée se tenait prête à frapper l’Iran une troisième fois si nécessaire, une déclaration qui fait écho aux deux précédentes opérations militaires menées par Israël contre la République islamique depuis février. Cette perspective illustre la fragilité persistante du dispositif diplomatique censé mettre un terme au conflit, alors même que des pourparlers entre Washington et Téhéran restent, en théorie, toujours ouverts.

À titre de repère historique, le programme nucléaire israélien de Dimona, lancé dès la fin des années 1950 avec l’aide française, n’a jamais été officiellement reconnu par Israël, qui maintient depuis plus de six décennies une politique d’ambiguïté stratégique sur la question.

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