Racisme envers Mbappé : la sénatrice paraguayenne Celeste Amarilla relance la polémique

Une excuse qui n’en était pas une. Trois jours après ses premières insultes racistes contre Kylian Mbappé, la sénatrice Celeste Amarilla a remis le sujet sur la table, ce mercredi 8 juillet, depuis la tribune du Sénat du Paraguay, en justifiant son geste plutôt qu’en le regrettant.

L’élue du Parti libéral radical authentique est revenue sur l’épisode qui avait suivi l’élimination du Paraguay par les Bleus en huitièmes de finale de la Coupe du monde 2026. Elle avait alors reproché au capitaine français d’avoir ignoré la main tendue d’un joueur paraguayen après le match, un geste qu’elle a de nouveau dénoncé mercredi devant ses collègues sénateurs, présentant la poignée de main refusée comme une offense à une coutume nationale. Selon elle, saluer son adversaire relèverait d’une tradition profondément ancrée chez les Paraguayens, du plus jeune âge jusqu’à l’âge adulte.

Loin d’apaiser la controverse, Celeste Amarilla a maintenu ses critiques envers Kylian Mbappé. La sénatrice paraguayenne a dénoncé le geste reproché au joueur français, estimant que « C’est ancré chez nous, comme le voisin qu’on croise, c’est typique. L’enfant dit bonjour, bon après-midi, bonsoir, c’est une tradition paraguayenne. Qu’il (Mbappé) ne se fâche pas. Quand un gamin qui joue une Coupe du monde pour la première fois devant le monde entier tend la main avec toute l’humilité du Paraguay, et que ce fils de p… lui refuse la main… simplement parce qu’il est Français, jamais… », a-t-elle déclaré.

Une affaire déjà portée au niveau diplomatique

L’épisode initial remonte au 6 juillet, lorsque la sénatrice avait publié sur X des propos ouvertement racistes visant Mbappé, comparant ses origines à une insulte et niant ses compétences intellectuelles. Le joueur avait répliqué en la qualifiant de figure indigne de son mandat, l’accusant de propager la haine sous couvert de fonction publique.

L’onde de choc avait dépassé le cadre sportif. Le président Emmanuel Macron avait exprimé son soutien au capitaine des Bleus, tandis que le gouvernement paraguayen s’était publiquement désolidarisé de son élue, jugeant ses propos contraires aux principes de coexistence pacifique que le pays défend. Le président de la FIFA, Gianni Infantino, avait condamné ces déclarations sans réserve, et le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme y avait vu le signe d’un problème plus large affectant le football international.

En France, la classe politique s’était mobilisée dans son ensemble, de Gabriel Attal à Jean-Luc Mélenchon, tandis que Cédric Perrin, président de la commission des affaires étrangères du Sénat français, avait adressé un courrier à son homologue paraguayen pour exiger une prise de position officielle. La Fédération française de football avait, elle, annoncé son intention de saisir la justice.

Une nouvelle sortie qui complique la sortie de crise

La déclaration de mercredi intervient alors que Celeste Amarilla avait initialement supprimé sa publication et adressé une lettre ouverte à Mbappé, affirmant regretter d’avoir employé des mots qu’elle disait elle-même avoir subis en tant que personne métisse. Cette nouvelle intervention publique, tenue depuis l’enceinte parlementaire et non plus sur les réseaux sociaux, change la nature de l’affaire.

Le Sénat du Paraguay n’a pas encore réagi collectivement à cette nouvelle sortie de l’une de ses membres. Le gouvernement paraguayen, qui avait déjà pris ses distances avec la sénatrice début juillet, est attendu sur une nouvelle réaction. En France, la procédure judiciaire évoquée par la FFF après les premiers propos reste en cours d’examen, tandis que le courrier adressé par Cédric Perrin au président du Sénat paraguayen, resté sans réponse formelle, prend un relief nouveau après cette rechute publique de l’élue.

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