Paraguay : Kylian Mbappé accusé de "violence de genre" par la sénatrice Celeste Amarilla

Une polémique raciste se transforme en bataille judiciaire annoncée. Deux jours après avoir tenu des propos racistes envers Kylian Mbappé, la sénatrice paraguayenne Celeste Amarilla a publié une lettre ouverte accusant le joueur de « violence de genre » et exigeant des excuses publiques, menaçant d’engager des poursuites légales si le capitaine des Bleus ne se rétracte pas.

Le litige remonte à l’élimination du Paraguay face à la France (1-0) en huitièmes de finale de la Coupe du monde 2026, samedi 4 juillet à Philadelphie. Orlando Gil, gardien paraguayen, n’a pas reçu la poignée de main de Mbappé au coup de sifflet final. Le lendemain, Amarilla s’en était prise au joueur du Real Madrid sur son compte X, tenant des propos jugés ouvertement racistes portant sur ses origines camerounaises. Mbappé avait répliqué en qualifiant la sénatrice de « femme méprisable et indigne de sa fonction », provoquant une condamnation de la Fédération française de football (FFF), qui a annoncé un signalement au parquet.

Une défense qui vire à la contre-attaque

Dans sa lettre, diffusée sur ses réseaux et relayée par plusieurs médias français, Amarilla commence par se défendre de tout sentiment anti-français, évoquant sa scolarité au Collège de l’Immaculée Conception à Asunción et ses séjours à Courchevel et Saint-Tropez. Elle reconnaît avoir supprimé son premier message, expliquant avoir agi sous le coup de l’émotion avant de réaliser qu’elle reproduisait des schémas qu’elle dit détester.

Amarilla ne présente toutefois aucune excuse formelle. Elle reproche à Mbappé une déclaration tenue avant la rencontre, dans laquelle il aurait évoqué la nécessité de se salir les mains, y voyant une allusion méprisante envers la sélection paraguayenne. Elle lui impute également une insulte prononcée pendant le match et son refus de serrer la main du gardien paraguayen après la victoire française.

La sénatrice retourne ensuite l’accusation contre le joueur français, estimant qu’il n’avait aucun droit de la qualifier de méprisable sans la connaître. Elle rappelle son statut d’élue, précisant avoir été députée nationale avant de devenir sénatrice en 2023, et revendique représenter des milliers de Paraguayens ayant voté pour elle. Sur cette base, elle qualifie les propos de Mbappé de violence politique et de genre, affirmant être visée en tant que femme plutôt que pour ses origines ou ses opinions.

Une riposte inhabituelle sur le terrain judiciaire

Amarilla exige que Mbappé se rétracte publiquement et présente des excuses, sous peine d’engager une action légale pour violence de genre dans son pays. Cette annonce intervient alors que la FFF a déjà transmis le dossier initial au parquet français pour les propos racistes tenus par la sénatrice, et que le gouvernement paraguayen s’était désolidarisé de ses déclarations, les jugeant contraires à la dignité humaine.

Celeste Josefina Amarilla Goitia, avocate de 61 ans membre du Parti libéral radical authentique, avait déjà été suspendue de ses fonctions de députée en 2020, après avoir dénoncé au sein de l’hémicycle des irrégularités présumées dans l’élection de plusieurs parlementaires.

Ni Mbappé ni la Fédération française de football ne se sont exprimés publiquement sur cette nouvelle lettre. La procédure judiciaire annoncée par la FFF contre les propos initiaux de la sénatrice reste, à ce stade, entre les mains du parquet français.

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