Après l'AES, la Russie va signer un accord sécuritaire avec la CEDEAO

Un mémorandum de coopération sécuritaire entre la Russie et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sera signé prochainement, a annoncé le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov. L’annonce a été faite lundi 17 août à Moscou, lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue ghanéen Samuel Okudzeto Ablakwa.

Une annonce faite à Moscou

Le futur texte couvrira plusieurs domaines de coopération, dont la sécurité. Lavrov a expliqué que l’initiative répond aux besoins quotidiens des populations ouest-africaines en matière de sécurité, et qu’elle vise à jeter des ponts entre la CEDEAO et l’Alliance des États du Sahel. Le ministre russe a affirmé que son pays était disposé à faciliter ce dialogue entre les deux blocs régionaux, séparés depuis le retrait officiel du Mali, du Burkina Faso et du Niger de l’organisation ouest-africaine, acté en janvier 2025.

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Le ministre ghanéen a confirmé l’engagement de son pays sur le dossier sécuritaire régional, évoquant la complexité de la situation au Sahel. Accra a par ailleurs accepté de coopérer avec Moscou pour appuyer les efforts sécuritaires déployés au Mali, au Burkina Faso et au Niger, a précisé le chef de la diplomatie ghanéenne. Lavrov a en outre exprimé les préoccupations de Moscou concernant l’implication de ressortissants ukrainiens dans des opérations qu’il attribue à des groupes armés agissant depuis l’étranger.

Un partenariat sécuritaire déjà scellé avec l’AES

La coopération sécuritaire entre Moscou et les trois pays de l’AES repose déjà sur un déploiement militaire concret. Environ 2 000 combattants russes, d’abord issus du groupe paramilitaire Wagner puis progressivement intégrés à l’Africa Corps, unité placée sous le commandement du général Andrey Averyanov et rattachée au ministère russe de la Défense, sont présents sur le terrain : environ 1 000 hommes au Mali, 300 au Burkina Faso et une centaine au Niger.

La Russie livre par ailleurs des armements et des équipements militaires aux trois pays, dont des véhicules blindés, des hélicoptères de combat et du matériel de défense antiaérienne. Ce soutien militaire s’accompagne d’un appui institutionnel : lors de la session de consultations tenue les 8 et 9 juillet 2026 à Niamey, la Russie a renouvelé son engagement à renforcer les capacités opérationnelles des armées nationales ainsi que celles de la Force unifiée de la Confédération (FU-AES), l’instrument militaire commun conçu par les trois pouvoirs pour mutualiser leurs moyens face aux groupes djihadistes actifs dans la région. Les deux parties avaient alors condamné conjointement les attaques ayant visé des institutions maliennes fin avril 2026, ainsi que l’agression contre la base aérienne 101 et l’aéroport de Niamey en janvier de la même année.

Des relations AES – CEDEAO toujours en rupture

Le rapprochement annoncé avec la CEDEAO intervient dans un cadre de rupture entre l’organisation ouest-africaine et ses trois anciens membres. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger avaient officialisé leur sortie de la CEDEAO en janvier 2025, après avoir dénoncé des sanctions jugées illégitimes imposées à la suite des coups d’État survenus dans les trois pays entre 2020 et 2023.

En se positionnant comme facilitatrice d’un dialogue entre la CEDEAO et l’AES, Moscou cherche à s’installer comme un interlocuteur incontournable des deux blocs simultanément. Aucune date précise de signature du mémorandum avec la CEDEAO n’a pour l’instant été communiquée par les autorités des deux parties.

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