Le Bénin et le Niger restent séparés par une frontière terrestre toujours fermée, mais Cotonou affirme que leurs relations ne peuvent demeurer durablement bloquées. Mercredi 5 août, le porte-parole du gouvernement, Wilfried Houngbédji, a déclaré que les deux pays étaient « condamnés à vivre comme des frères » et que le Bénin avait déjà accompli les démarches attendues pour parvenir à une réouverture.
Selon le ministre, les autorités béninoises restent disponibles pour satisfaire toute exigence supplémentaire qui serait formulée de manière précise par Niamey. À ce stade, elles estiment toutefois avoir rempli leur part du processus de rapprochement.
Le Bénin dit avoir rempli ses engagements
Répondant aux questions de la presse à Cotonou, Wilfried Houngbédji n’a évoqué aucune nouvelle condition imposée par les autorités nigériennes. Il a réaffirmé que le gouvernement béninois poursuivait une démarche d’ouverture tout en attendant une évolution du côté de Niamey.
Le ministre a indiqué que, si une demande objective restait à satisfaire, le gouvernement y répondrait. « S’il reste encore quelque chose d’objectif, nous le ferons », a-t-il assuré.
Il a également insisté sur les liens historiques entre les deux États. Selon lui, le Bénin et le Niger partagent des intérêts qui dépassent les difficultés actuelles et sont appelés à entretenir des relations durables. Cette conviction explique, d’après le porte-parole, la volonté affichée de Cotonou de poursuivre les échanges diplomatiques malgré l’absence de réouverture de la frontière.
Les discussions engagées depuis juin
La relance du dialogue a débuté peu après l’investiture du président Romuald Wadagni, le 24 mai 2026. Le chef de l’État s’est rendu le 2 juin à Niamey, où il a rencontré le général Abdourahamane Tiani.
À l’issue de cette rencontre, les deux dirigeants avaient décidé de mettre en place un comité d’experts chargé d’examiner les conditions d’une reprise du trafic frontalier. Ce groupe a remis son rapport le 16 juin.
Quelques jours plus tard, le 20 juin, des représentants des deux gouvernements se sont retrouvés à Cotonou pour poursuivre les discussions. À cette occasion, le ministre nigérien de l’Intérieur, Mohamed Toumba, avait présenté les attentes de son pays avant toute normalisation.
La décision finale attendue de Niamey
Selon les déclarations des autorités nigériennes lors des travaux de juin, la signature d’un accord de défense et d’un accord de sécurité figure parmi les conditions jugées indispensables. Ces textes devraient garantir la non-utilisation du territoire de l’un contre l’autre et renforcer la transparence sur les dispositifs militaires présents près de la frontière commune.
Depuis ces échanges, aucune annonce officielle n’a confirmé une réouverture du poste frontalier. Pour le gouvernement béninois, la suite dépend désormais des autorités de Niamey, qui devront apprécier si les conditions qu’elles ont fixées sont désormais réunies.
La fermeture de cette frontière remonte à la crise régionale déclenchée après le changement de régime intervenu au Niger en juillet 2023. Avant cette rupture, une grande partie des importations nigériennes transitait par le Port autonome de Cotonou, faisant de cet axe l’un des principaux corridors commerciaux de la sous-région.



