Crise climatique : records de chaleur battus, sursaut mondial attendu

La température moyenne mondiale a atteint en 2025 environ 1,44 °C au-dessus du niveau de la période préindustrielle, selon l’Organisation météorologique mondiale (Omm). Alors que les effets du changement climatique se manifestent déjà dans toutes les régions du monde, la planète reste loin de la trajectoire nécessaire pour limiter durablement le réchauffement à 1,5 °C. Les changements climatiques désignent les variations à long terme de la température et des modèles météorologiques.

S’ils peuvent résulter de phénomènes naturels, les activités humaines constituent, depuis les années 1800, la principale cause du changement climatique actuel, essentiellement en raison de la combustion de combustibles fossiles comme le charbon, le pétrole et le gaz. 

Cette combustion génère des émissions de gaz à effet de serre qui retiennent une partie de la chaleur dans l’atmosphère. Les transports, l’industrie, le bâtiment, l’agriculture et la déforestation contribuent également à ces émissions et aggravent les perturbations climatiques.


Des conséquences déjà visibles


Les gaz à effet de serre agissent comme une couverture autour de la planète. Ils laissent entrer la lumière du soleil dans l’atmosphère, mais empêchent une partie de la chaleur de s’échapper vers l’espace. L’augmentation de leur concentration entraîne ainsi un réchauffement de la planète et perturbe les systèmes climatiques.


Les conséquences sont multiples : vagues de chaleur plus fréquentes et plus intenses, précipitations extrêmes, sécheresses prolongées, feux de forêt, fonte des glaciers, élévation du niveau des mers et dégradation des écosystèmes. Le changement climatique accroît également les risques pour l’alimentation, l’accès à l’eau et la santé humaine.


Selon les Nations-unies, entre 3,3 et 3,6 milliards de personnes, soit environ 43 % de la population mondiale, vivent dans des contextes très vulnérables aux changements climatiques. Les populations et les pays les plus vulnérables sont souvent les plus exposés, alors qu’ils contribuent le moins aux émissions mondiales.

L’accord de Paris


La coopération climatique internationale a notamment franchi une étape importante avec le Protocole de Kyoto, adopté en 1997. En 2015, les pays ont adopté l’Accord de Paris, qui vise à contenir la hausse de la température mondiale bien en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels, tout en poursuivant les efforts pour la limiter à 1,5 °C.


Dans ce cadre, chaque pays définit ses propres engagements de réduction des émissions, appelés contributions déterminées au niveau national, ou Cdn. Ces engagements doivent être renforcés progressivement afin d’accroître l’action climatique mondiale.

Pourquoi l’objectif de 1,5 °C est-il important ?


Chaque fraction de degré compte. Plus le réchauffement augmente, plus les risques liés aux vagues de chaleur, aux sécheresses, aux inondations, aux feux de forêt, à l’élévation du niveau de la mer, à l’insécurité alimentaire et à la perte de biodiversité deviennent importants.


Le dépassement de 1,5 °C pendant un mois ou une année ne signifie toutefois pas que l’objectif de l’Accord de Paris est définitivement dépassé. Ce seuil concerne une hausse de la température moyenne mondiale évaluée sur le long terme, et non un dépassement ponctuel.


La multiplication des dépassements annuels constitue néanmoins un signal d’alerte. Elle montre à quel point le monde se rapproche de la limite fixée par l’Accord de Paris et souligne la nécessité d’accélérer la réduction des émissions de gaz à effet de serre.


Un réchauffement qui s’accélère


Les données de l’Omm montrent l’ampleur du réchauffement déjà enregistré. Les onze dernières années, de 2015 à 2025, sont les onze années les plus chaudes jamais enregistrées. En 2025, la température moyenne mondiale a été supérieure de 1,44 °C à la moyenne de la période 1850-1900. Les océans connaissent également une accumulation importante de chaleur. Des records de contenu thermique des océans ont été enregistrés au cours de chacune des neuf dernières années.


Les projections restent préoccupantes. Selon les Nations-Unies, les glaciers pourraient disparaître sur un tiers des sites actuels d’ici 2050. Les sécheresses pourraient également toucher plus des trois quarts de la population mondiale à la même échéance.


Sur le plan sanitaire, l’Organisation mondiale de la Santé estime que les changements climatiques pourraient provoquer environ 250 000 décès supplémentaires par an entre 2030 et 2050. Ces décès seraient notamment liés à la dénutrition, au paludisme, à la diarrhée et au stress thermique.

Des progrès, mais une action encore insuffisante


Malgré ce constat, des progrès ont été réalisés depuis l’adoption de l’Accord de Paris. En 2015, les projections fondées sur les engagements climatiques alors pris par les pays faisaient état d’un réchauffement pouvant atteindre entre 3 °C et 3,5 °C au cours de ce siècle. Les engagements adoptés depuis ont permis de réduire cette projection d’environ un degré.


Cette amélioration reste toutefois insuffisante pour atteindre l’objectif de 1,5 °C. Les Nations-Unies appellent notamment à accélérer la transition vers les énergies renouvelables, à améliorer l’efficacité énergétique, à protéger les forêts et les écosystèmes et à renforcer la coopération internationale.


L’action climatique peut également produire des bénéfices au-delà de la réduction des émissions, notamment en améliorant la qualité de l’air, en protégeant la santé publique et en favorisant la création d’emplois durables.

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