Menace russe : ce dispositif de sécurité que la France va déployer dans chaque département

Depuis plusieurs mois, la Russie est accusée de mener une guerre hybride contre les pays occidentaux, combinant survols de drones, cyberattaques et opérations de désinformation sans revendication officielle du Kremlin. Pour faire face à la situation, la France met en place un tout nouveau dispositif. Chaque préfet devra constituer, dans les prochaines semaines, une cellule dédiée à la sécurité et à la défense au sein de son département. Cette instruction fait suite aux déclarations d’Emmanuel Macron, qui a affirmé vendredi 18 septembre : « la nature de l’agressivité russe et des menaces en Europe change ».

Une cellule pour identifier les cibles vulnérables du territoire

Selon des informations de RTL, ces nouvelles structures associeront police, gendarmerie et renseignement à l’échelle locale, mais intégreront également des acteurs privés et associatifs : entreprises, organisations du tissu associatif, services de protection civile et Croix-Rouge siégeront à leurs côtés. Leur mission consistera d’abord à cartographier les points faibles du territoire — centrales électriques, réseaux télécoms, sites industriels stratégiques — sans oublier des cibles moins évidentes, telles que des PME discrètes engagées dans la production ou la logistique au profit de l’Ukraine.

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Un haut fonctionnaire cité par RTL a résumé ce changement de posture en une formule : « on change de niveau ». Un premier chantier consisterait à recenser les citoyens engagés dans les différentes réserves civiles et militaires, afin d’écarter les doublons et d’établir qui serait réellement mobilisable en cas de crise.

Un plan pour protéger les infrastructures jugées critiques

Le chef de l’État avait, la veille, réuni à l’Élysée les responsables des partis représentés au Parlement pour évoquer la dégradation rapide de la situation internationale. Il a ensuite demandé au gouvernement de préparer un plan de protection des infrastructures critiques contre les attaques de drones et les intrusions informatiques, ciblant notamment les réseaux électriques, les transports et la distribution d’eau. « Nul n’est à l’abri », a-t-il averti, promettant que ces attaques ne resteraient pas sans réponse, sans préciser la forme qu’elle pourrait prendre.

Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a par ailleurs réuni le comité des préfets de zone, en présence de la ministre des Armées et du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), pour acter cette mobilisation territoriale.

Plusieurs incidents recensés en Europe depuis 2022

Cette décision intervient après une série d’incidents recensés ces derniers mois en Europe. Des drones ont contraint à la fermeture temporaire des aéroports de Copenhague et d’Aalborg au Danemark, ainsi que de celui de Munich en Allemagne, où un appareil piégé d’explosifs a même visé l’aéroport de Leipzig en août. Berlin a depuis renforcé la sécurité anti-drones de huit aéroports jugés stratégiques. Des incursions de drones ont également été signalées au-dessus de la Pologne, de la Roumanie et des pays baltes, tandis que plusieurs câbles sous-marins ont été endommagés en mer Baltique dans des circonstances jugées suspectes. Le sabotage du gazoduc Nord Stream, en septembre 2022, reste l’épisode fondateur de cette série d’incidents non revendiqués, mais régulièrement attribués à des intérêts russes par les services de renseignement occidentaux.

Face à cette accumulation, plusieurs pays européens ont déjà renforcé la surveillance de leurs infrastructures sensibles. La France cherche à son tour à structurer sa réponse à l’échelle locale, en s’appuyant sur un maillage préfectoral déjà mobilisé lors de crises passées.

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