Drapeau suprémaciste : des soldats français de la Légion étrangère dans la tourmente

Un drapeau associé au suprémacisme blanc apparaît sur deux photographies de militaires français, révélées par Mediapart. La première a été prise dans l’enceinte du 2e régiment étranger d’infanterie, à la caserne Colonel-de-Chabrières, à Nîmes : six légionnaires y sont visibles autour de l’emblème.

Deux scènes, un même symbole

La seconde image se situe dans un cadre géographique éloigné. Un char Leclerc sert de décor à quatre autres soldats français, en exercice aux Émirats arabes unis. Le même drapeau blanc et vert, celui de l’ancienne Rhodésie du Sud, figure sur les deux clichés. Une page Instagram consacrée à ce territoire disparu, et comptant plus de 68 000 abonnés, aurait relayé ces images en premier lieu, d’après Mediapart.

Ce territoire d’Afrique australe avait proclamé une indépendance unilatérale en 1965, sous l’autorité d’un régime de minorité blanche jamais reconnu par la communauté internationale. Il est devenu le Zimbabwe en 1980. Son drapeau figure aujourd’hui parmi les symboles recensés par les mouvances suprémacistes blanches, aux côtés de celui de l’Afrique du Sud de l’apartheid, selon la classification de l’organisation américaine Anti-Defamation League.

Une procédure disciplinaire engagée

Le ministère des Armées, contacté dans le cadre de l’enquête, indique avoir identifié les militaires photographiés. Une procédure a été ouverte à leur encontre, pouvant conduire à des sanctions disciplinaires sévères. Selon le ministère, les armées françaises ne tolèrent aucune manifestation à caractère raciste, suprémaciste ou extrémiste.

Un cas similaire avait touché l’armée suisse en avril 2026. Une douzaine de militaires y avaient été photographiés avec le même drapeau, images publiées sur un canal Instagram consacré aux anciennes forces coloniales rhodésiennes. Le soldat identifié comme auteur des clichés risquait alors une amende de 500 francs suisses, ou dix jours d’arrêt.

Un précédent au sein de la Légion étrangère

Fondé en 1841, le 2e régiment étranger d’infanterie est installé à Nîmes depuis 1983. Fort d’environ 1 300 hommes, il a participé à la majorité des opérations extérieures françaises menées depuis les années 1990, du Tchad au Sahel en passant par les Balkans.

Un précédent avait déjà visé la Légion étrangère. Une question écrite déposée à l’Assemblée nationale en 2020 mentionnait une enquête de Mediapart portant sur une cinquantaine de militaires liés à des actes qualifiés de néonazis, dont une vidéo tournée en 2018 par un soldat du 3e régiment étranger d’infanterie, alors stationné à Kourou, en Guyane. Le ministère des Armées avait alors parlé de dérives individuelles, écartant l’existence d’une filière organisée.

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