Des pourparlers entre Washington et Téhéran débuteront lundi après-midi sur la réouverture du détroit d’Ormuz. Donald Trump l’a annoncé dimanche à bord d’Air Force One, en route vers Washington après un week-end à Bedminster, dans le New Jersey.
Une opération militaire suspendue in extremis
Le président américain avait donné son feu vert à une offensive d’ampleur contre l’Iran ce week-end, avant de faire volte-face. Selon ses propres mots, l’opération aurait constitué *« la plus grosse attaque depuis la Seconde Guerre mondiale »*. Trump affirme avoir reçu des appels de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et du Qatar, lui demandant de laisser une chance à la diplomatie — une requête qui, selon lui, aurait également été relayée par l’Iran lui-même. Le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, l’aurait personnellement contacté samedi pour le dissuader de frapper.
Le président américain a justifié sa décision par la conviction que Téhéran cherche désormais un accord. Il a précisé que les forces américaines restaient toutefois prêtes à agir à tout moment si les discussions échouaient.
Un accord centré sur Ormuz et le nucléaire
D’après Trump, les négociations à venir porteraient sur deux volets : la réouverture du détroit d’Ormuz, bloqué depuis février par Téhéran, et « la dénucléarisation de l’Iran »* Il a qualifié cet accord d' »imminent« *, sans toutefois donner de calendrier précis ni de détails sur le lieu ou les participants aux discussions prévues lundi.
Côté iranien, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a fait état, le même jour, de négociations parallèles avec Oman concernant le détroit, qualifiées de proches d’un aboutissement par l’agence de presse officielle IRNA.
Un conflit qui s’enlise depuis février
La guerre entre les États-Unis et l’Iran, déclenchée fin février, dure depuis plus de cinq mois. Le détroit d’Ormuz, par lequel transite habituellement environ 20 % du pétrole mondial transporté par voie maritime, reste le principal point de friction : Téhéran y a multiplié les interceptions de navires ces dernières semaines, tandis que Washington maintenait un blocus des ports iraniens.
Au Congrès, une résolution visant à limiter les pouvoirs de guerre du président a été rejetée de justesse au Sénat jeudi dernier, par 49 voix contre 50 — un vote serré qui illustre les divisions persistantes au sein même du camp républicain sur la conduite du conflit. Un sondage CNN publié cette semaine indique que seuls 28 % des Américains approuvent la gestion du dossier iranien par la Maison Blanche.



