Le taux du Livret A grimpe à 1,7 % à partir de ce samedi 1er août 2026. Ce relèvement de deux dixièmes de point, décidé par le ministre de l’Économie Roland Lescure, met fin à une baisse continue engagée depuis février 2023. Sur le papier, le rendement s’améliore. Dans les faits, l’argent placé continuera de perdre de la valeur une fois l’inflation prise en compte.
Un taux moyen inférieur à la hausse des prix
Le calcul annuel change la donne. Le Livret A sera resté à 1,5 % durant les six premiers mois de l’année, avant de remonter à 1,7 % sur le second semestre — ce qui ramène le rendement moyen sur l’ensemble de 2026 à 1,6 %, et non 1,7 %.
Or l’inflation hors tabac, qui sert justement de base au calcul du taux, a atteint 2,4 % sur un an au mois de mai selon l’Insee, sous l’effet de la guerre au Moyen-Orient. Un épargnant qui laisse 1 000 euros toute l’année sur son livret touchera 16 euros d’intérêts, versés début 2027 — une somme qui ne couvre pas la perte de pouvoir d’achat liée à la hausse des prix.
C’est la mécanique même du produit qui explique ce décalage. Le taux du Livret A, révisé chaque 1er février et chaque 1er août, se calcule sur la moyenne de l’inflation hors tabac et des taux interbancaires de la zone euro observés sur les six mois précédents — un calcul rétrospectif qui court structurellement derrière l’inflation constatée sur le moment.
Le LEP maintenu, malgré une baisse attendue
Contrairement au Livret A, le Livret d’épargne populaire (LEP) ne bouge pas : son taux reste fixé à 2,5 % au 1er août, un niveau qui aurait dû mécaniquement redescendre à 2,2 % selon la formule de calcul.
Le gouvernement a choisi de maintenir ce niveau plus avantageux. « Face à l’inflation contenue mais réelle, et aux incertitudes liées à la crise au Moyen-Orient, j’ai décidé de relever le taux du Livret A à 1,7 % dès le 1er août 2026″, a déclaré Roland Lescure lors de l’annonce officielle du 15 juillet, sans toutefois justifier précisément le maintien du LEP à son niveau actuel.
Réservé aux ménages aux revenus modestes — le plafond de revenu fiscal de référence est fixé à 22 823 euros pour une part —, le LEP concerne 12 millions de détenteurs actuels en France, pour un public potentiellement éligible estimé à près de 30 millions de personnes par la Banque de France.
Une première hausse depuis trois ans
Le Livret A avait atteint un plateau à 3 % en 2023, avant d’entamer une longue descente : baisses successives au 1er février 2025, au 1er août 2025, puis au 1er février 2026. La hausse du 1er août 2026 marque donc la première remontée du taux depuis plus de trois ans.
Le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), dont le taux est entièrement corrélé à celui du Livret A, suit la même trajectoire et passe également à 1,7 % à cette date. Les intérêts des deux produits restent exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, contrairement aux fonds en euros de l’assurance-vie, dont le rendement 2026 — estimé autour de 2,9 % brut par certains observateurs — ne sera connu qu’en janvier 2027, une fois déduits les 17,2 % de prélèvements sociaux appliqués automatiquement.
