Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a affirmé, samedi 1er août, que Cuba reste le seul pays à avoir durablement implanté des espions au sein des institutions américaines. Invité sur l’émission My View with Lara Trump sur Fox News, il a déclaré que Cuba parvenait à recruter ses agents « sans même les payer », s’appuyant sur leur affinité idéologique plutôt que sur une rémunération.
Deux cas cités comme preuves
Pour étayer son propos, le chef de la diplomatie américaine a évoqué deux affaires d’espionnage jugées emblématiques. La première concerne Ana Belén Montes, une analyste de la Defense Intelligence Agency arrêtée en 2001 et condamnée à 25 ans de prison. Rubio l’a décrite comme responsable de « l’une des plus grandes pénétrations dans notre système », selon ses propos rapportés par plusieurs médias américains. Montes a été libérée en janvier 2023 après avoir purgé sa peine.
Le second cas est celui de l’ancien ambassadeur Victor Manuel Rocha, condamné en avril 2024 à 15 ans de prison et à une amende de 500 000 dollars pour avoir espionné au profit du régime cubain depuis 1973. Le FBI estime que Rocha aurait été recruté par les services cubains dès 1973, alors qu’il se trouvait au Chili — une infiltration restée indétectée pendant plus de quatre décennies. Rubio, alors sénateur, avait lui-même interpellé le Département d’État sur les failles ayant permis à Rocha d’échapper si longtemps aux contrôles de sécurité.
Le responsable a par ailleurs visé une partie du monde universitaire et médiatique américain, estimant que certains de ses représentants « sympathisent avec le régime cubain » depuis longtemps, par anti-américanisme ou par proximité idéologique.
Un rapport contesté par La Havane
Ces déclarations font suite à la publication, le 20 juillet, d’un rapport d’une centaine de pages intitulé « Cuba : capitale du communisme du XXIe siècle ». Le document accuse le régime cubain d’avoir mené une campagne d’espionnage et de subversion pendant près de sept décennies, avec des infiltrations au sein du Département d’État, du Conseil de sécurité nationale et du Pentagone. Il établit également un lien entre le régime de Miguel Díaz-Canel et des installations de renseignement liées à la Chine et à la Russie sur l’île, doublé d’une nouvelle série de sanctions contre Cuba.
Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodríguez, a rejeté ces accusations, les qualifiant de « fallacieuses » et reprochant à Rubio de fabriquer un prétexte pour justifier une agression contre son pays. Díaz-Canel a de son côté dénoncé un « pamphlet néo-maccarthyste ».
À titre de comparaison historique, le FBI avait déjà démantelé en septembre 1998 un réseau d’espionnage cubain connu sous le nom de « Réseau Guêpe » (Wasp Network), basé en Floride. Dix personnes avaient été arrêtées ; cinq d’entre elles, restées connues sous le nom des « Cinq de Miami », avaient été condamnées pour avoir infiltré des organisations d’exilés anticastristes ainsi que des bases militaires américaines.
Selon Rubio, cette capacité d’infiltration ne se limiterait pas au territoire américain. Il a affirmé que la quasi-totalité des mouvements insurrectionnels de gauche ayant déstabilisé des gouvernements en Amérique latine au cours des quarante à cinquante dernières années auraient bénéficié, sous une forme ou une autre, d’un soutien cubain.

« Cuba parvenait à recruter ses agents sans même les payer »
Ces communistes qui sont d’accord pour bosser pour rien … d’autre que l’amour de la patrie. Aucun respect … pour le roi dollar. Une honte.
Trump, Rubio, plus aucun respect pour ces gens-là. plus personne ne les écoute.