Des robots à quatre pattes pourraient bientôt accompagner les agents de l’agence ICE sur le terrain. Un document budgétaire déposé cette semaine par le Département de la Sécurité intérieure évoque une enveloppe pouvant atteindre 2 millions de dollars pour ce projet.
Une machine déjà connue des forces de l’ordre
Le fournisseur pressenti n’est autre que Boston Dynamics, société installée à Waltham, dans le Massachusetts, réputée pour son robot «Spot». L’appareil avance seul sur des sols instables, franchit des marches et embarque un dispositif de vision à 360 degrés capable de repérer gaz toxiques et radiations. Son prix catalogue tourne autour de 75 000 dollars l’unité.
Selon le calendrier fixé par l’administration, l’appel d’offres formel doit démarrer début septembre, avec une décision attendue avant la fin de l’exercice budgétaire. La livraison des premiers appareils est projetée pour le printemps 2027, sur la base militaire de Fort Benning, en Géorgie.
Un rôle d’éclaireur, pas d’agent d’interpellation
Contactée par la chaîne NBC News, une source au sein du Département de la Sécurité intérieure a écarté tout usage des robots pour interpeller des personnes. Le texte officiel décrit un outil « télécommandé, destiné à l’inspection, à la surveillance de situation et à l’évaluation des risques dans des environnements dangereux pour le personnel ».
Ces machines seraient envoyées en éclaireurs dans des bâtiments instables, pour repérer un colis suspect ou une fuite de gaz, avant l’intervention physique des agents. Boston Dynamics maintient une politique d’usage stricte : l’entreprise refuse que ses robots soient transformés en armes ou en systèmes de ciblage automatisés.
Des précédents mouvementés dans la police américaine
L’idée de robots-chiens au service des autorités ne date pas d’hier aux États-Unis. New York avait testé l’expérience dès 2020, avant de rompre son contrat avec Boston Dynamics face à la polémique sur la surveillance policière — un contrat finalement relancé trois ans plus tard pour deux unités, à hauteur de 750 000 dollars. Los Angeles utilise également ces machines, tout comme les services secrets, qui en avaient déployé autour de la résidence de Mar-a-Lago en 2024.
Cette annonce s’ajoute à un autre marché récemment attribué par ICE : 16,7 millions de dollars pour 6 000 paires de gants à décharge électrique, présentés par leur fabricant comme un outil de désescalade. Deux acquisitions qui traduisent, à quelques jours d’écart, l’élargissement de l’arsenal technologique mis à disposition des agents fédéraux chargés des questions migratoires. Le projet de contrat avec Boston Dynamics demeure, à ce stade, une prévision d’achat : rien n’exclut que ses modalités évoluent avant sa signature définitive.
